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Vicaut, Lavillenie...


 ... deux couacs passés au crible 
Les Championnats d'Europe d'athlétisme en plein air 2016 viennent de s'achever ce dimanche, à Amsterdam. Avec 10 médailles, dont 2 en or, la délégation française présente un bilan mitigé. Retour sur l'échec - relatif pour l'une, absolu pour l'autre - de deux têtes de gondole bleues.

Un flop. C'est ce qu'ont fait Jimmy Vicaut et Renaud Lavillenie aux Pays-Bas, selon l'expression consacrée. Pas d'état d'urgence à décréter - Rio reste dans toutes les pensées et leur objectif assumé - mais deux ratés à analyser.

Vicaut : un mal pour un bien ?

Le contexte : 

Favori. En tant que troisième meilleur "performer" mondial de l'année (9.86 secondes, +1.8m/s, RE), Vicaut s'avançait avec ce statut en direction du 100m des Championnats d'Europe. Aux bilans continentaux, il ne devançait que de 6 centièmes le Turc Jak Ali Harvey (9.92s, +0.9m/s à 1900 mètres d'altitude), mais n'envisageait qu'une seule issue : la victoire. 

C'est donc en quête d'un premier succès individuel dans une grande compétition internationale en plein air que Vicaut arrivait à Amsterdam. 

Le résultat : 

Une médaille... et pas une médaille en chocolat. Mais pas non plus du métal espéré. Vicaut décroche le bronze (10.08s), sans se voiler la face : "C'est un échec". 

Tout proche du vainqueur, le Néerlandais Churandy Martina (10.07s) et de son dauphin, Ali Harvey (même temps), le sprinteur français a réalisé un départ moyen... avant de se crisper en fin de courseC'était surtout ça qu'il retenait, et déplorait : "Je fais une fin de course à l'arrache."

Et demain ?

Après ce podium au goût amer (il en a obtenu un plus joyeux dimanche, avec le relais 4 x 100, 2e) Vicaut ne s'alignera finalement pas sur 200m au Meeting Herculis (à Monaco, le 15 juillet). On peut y voir un lien de cause à effet : il cherche peut-être à se remettre en confiance sur 100m, à l'entraînement, en vue des Jeux. Des Jeux, qu'il n'abordera pas forcément en moins bonne posture qu'il ne l'aurait fait suite à un sacre européen. 

Avoir appris à gérer la pancarte d'homme à battre pourrait lui servir à Rio, lorsqu'il enfilera le costume d'outsider. De plus, ce camouflet pourrait l'aider à garder les pieds sur terre, alors qu'en médaillé potentiel (à l'aune des résultats de l'année), il risquait d'arriver à Rio très (trop?) confiant. 

Symptôme de son incapacité à franchir un cap ou rappel à l'ordre salvateur ? Réponse dans quelques semaines.

Lavillenie réfute la thèse du péché d'orgueil 

Le contexte : 

Le statut de favori, lui, il le connaît par cœur. Renaud Lavillenie plane au-dessus de sa discipline depuis plusieurs saisons. A tel point que vendredi, lorsqu'il allait s'élancer pour son premier essai (à 5m75)... tous ses adversaires en avaient fini de leur concours, ce qui ne manquait pas de faire sourire sur twitter. 

Certains allant même jusqu'à utiliser le mot-dièse #audessus pour qualifier l'entrée en lice du perchiste français. Au risque de devoir rétro-pédaler et suprimer leur message de "soutien".

Le résultat : 

Un, deux, trois loupés : Zéro pointé. Lavillenie, est donc "non classé" tandis que le Polonais Robert Sobera devient Champion d'Europe 2016, du haut de sa barre à 5m60. Triple tenant, Renaud rend sa couronne. Non sans susciter certaines railleries. A-t-il été trop ambitieux, trop sûr de lui ?

Explications, par le principal intéressé, via son compte facebook : "Je fais un très bon échauffement, franchissant 2 fois 5m80 dans ces conditions difficiles (...) Je décide donc de commencer à 5m75, une hauteur normale pour moi, même en condition délicate (...) Les rafales de vent ont été plus fortes et je finis par retomber 3 fois de rien sur la barre." 

S'il reconnaît sa part de responsabilité : "Cela n'a pas tourné en ma faveur cette fois ci, je l'assume", il accueille avec une certaine aigreur, les critiques formulées à son encontre : "Je connais ma discipline mieux que beaucoup, et j'ai conscience de ces aléas. (...) Si mes nouveaux coachs virtuels veulent m'entraîner, faites le moi savoir, on serait ravi avec Philippe (son coach, Philippe D'Encausse) de vous entendre ! LoL (sic)".

Son dernier saut raté, l'aurait-il été face à une barre plus modeste ? Qu'est-ce que ça a changé ? "Strictement rien", assure Lavillenie. Libre à chacun de se faire son avis (vidéo).

Et demain ?

Il lui reste deux compétitions avant Rio - à Sotteville-lès-Rouen, le 18 juillet et, a priori, Lausanne le 25 août - pour arriver sur une bonne dynamique, à l'heure de remettre en jeu son titre olympique. 
Vicaut et Lavillenie sont dans deux situations bien différentes, à eux de tirer le meilleur de leur échec. L'un, en profitant de celui-ci pour avancer masqué, garder la tête froide et sur les épaules, l'autre, en y puisant l'envie de réaffirmer sa suprématie à peine bafouée... ou en y voyant l'occasion de se remettre en question.

Lavillenie ne semble pas avoir choisi la deuxième option.

Simon Farvacque 

Sources :

AFP 

http://www.lequipe.fr/Athletisme/Actualites/Ligue-de-diamant-jimmy-vicaut-declare-forfait-pour-le-meeting-de-monaco/705042

http://www.ledauphine.com/sport/2016/07/08/renaud-lavillenie-on-n-a-jamais-vu-ca

Publié le 11.07.2016