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Staffan Olsson, le chaînon manquant ?

Staffan Olsson, le chaînon manquant ?

Cet été, en sus d’un énième recrutement impressionnant (comprenant les frères Karabatic, en figure de proue) le PSG s’est attaché les services de Zvonimir « Noka » Serdarusic, entraîneur renommé (vainqueur de la Ligue des Champions à la tête de Kiel en 2007) dans l’optique d’étendre sa domination nationale à l’échelle continentale. Déjà en tête de la D1 (avec trois victoires en trois matchs), mais décevants pour leur entrée en lice en Ligue des Champions (défaits 39-32 à Flensbourg), les Parisiens viennent d’enregistrer l’arrivée d’un nouveau membre dans leur staff technique, qui y officiera en tant qu’adjoint : Staffan Olsson. L’actuel sélectionneur de la Suède jouera-t-il un rôle important dans la quête de grandeur du club de la Ville Lumière ?

Trois années contrastées : au PSG, le bail de Philippe Gardent, souvent contesté, fut loin d’être de tout repos. Le coach français a présenté un bilan hexagonal satisfaisant (deux titres de champion, deux coupes de France et un « Trophée des champions ») mais peu convaincant à l’échelon supérieur (aucune présence dans le Final Four européen). Fédérait-il l’ensemble de son vestiaire ? Impossible de le dire, sans avoir eu accès à l’intimité de celui-ci, mais Gardent assumait, en début de saison dernière, le fait que cet aspect soit un vrai axe de travail nécessaire : « il était important de franciser le vestiaire [...] C'est quand même plus simple de faire passer des messages quand on parle tous le même langage. Mais je ne suis pas sectaire non plus. [...] L'important est qu'il n'y ait qu'une seule communauté dans le vestiaire, celle du PSG. »

Aujourd’hui à la tête de Toulouse, Gardent a été remplacé au PSG par Noka Serdarusic (en provenance d’Aix-en-Provence). Celui-ci aura la lourde tâche d’impulser une dynamique de groupe dans cette constellation d’étoiles, pour rompre avec ce blocage continental, tout en pérennisant l’emprise du club sur son championnat national. Dans l’accomplissement de cet objectif, l’un des plus grands stratèges du handball mondial vient de recevoir un précieux soutien : Staffan Olsson, connu pour son bras gauche de feu, est maintenant son bras droit.

Joueur sensationnel

En plus de participer activement à la montée en puissance du club allemand de Kiel (alors dirigé par un certain Serdarusic), il fut l’un des joueurs majeurs de l’impériale Suède des années -90, avec laquelle il fut deux fois champion du Monde et quatre fois champion d’Europe. Considéré comme l’un des plus efficaces de la planète à son poste (il a été élu « meilleur arrière droit » des Mondiaux 1997 et 1999, et pouvait aussi s’illustrer dans le rôle de demi-centre), Olsson sera resté décisif pour sa nation jusqu’au crépuscule de sa domination, marquant le but égalisateur face à l’Allemagne (26-26), en finale de l’Euro 2002, et offrant ainsi aux siens une prolongation salvatrice (victoire 33-31)*.

Cet exploit, réalisé à 37 ans, couronnera sa superbe carrière internationale (1986-2002), mais ne comblera pas le vide laissé par l’absence d’une consécration jugée comme suprême par le grand public.

Maudit de l’Olympe

Les Jeux Olympiques se refusent à lui depuis plus de vingt ans ! Déjà finaliste déçu à trois reprises (1992-1996-2000), en tant que joueur, le Suédois a connu un nouvel épilogue olympique argenté, avec cette fois le statut de sélectionneur, en 2012.

Dans ce dernier acte londonien, l’ogre Bleu peine à dévorer son adversaire... mais les hommes d’Olsson finissent par céder et la France conserve le Trophée (22-21).

Cette unique médaille internationale en huit années (il a pris les rênes de la sélection en 2008) ne peut être considérée comme suffisante pour un pays aussi éminent dans la caste des géants du handball planétaire. Est-elle le symbole de sa moindre capacité à s’illustrer en guide sur le banc, qu’en exemple ballon en main (bien qu’il compte également plusieurs titres nationaux en tant que coach avec le club d’Hammarby, situé à Stockholm) ?

Reconversion mitigée

La génération suédoise présente d’intéressants états de service mais affiche cependant un niveau inférieur à celle, d’ores et déjà entrée dans la Légende, de l’équipe de France ou encore à celui de nations portées par la puissance de leurs clubs phares (Espagne, Allemagne) ou menées par des stars planétaires telles que la Croatie par Ivano Balic hier, ou le Danemark par Mikkel Hansen aujourd’hui. Cet argument plaide pour Staffan Olsson, qui ne peut tout de même pas se dégager de toute responsabilité dans les résultats seulement moyens de l’escouade qu’il cornaque (7e du dernier Euro, 10e du précédent Mondial).

Par ailleurs, jouer sur les deux tableaux pourrait s’avérer complexe. Un choix s’imposera peut-être à lui, comme le suggèrent les termes du contrat qui le lie à son nouvel employeur (jusqu’en 2017).

Pari pour l’avenir

Le communiqué officialisant la signature du technicien scandinave stipule qu’il «continuera ses activités avec la Fédération suédoise de handball pendant sa première année de contrat.» et sous-entend donc qu’il se désengagera de sa mission auprès de sa sélection nationale, à partir de l’an prochain, pour se consacrer à celle qui l’incombe à Paris. Sera-t-il ainsi un élément de plus en plus important... jusqu’à devenir un jour le chef d’orchestre de la pléiade de stars qui forme le ciel brillant du PSG ?

Pour l’heure, la priorité sera pour lui d’assimiler son statut particulier d’adjoint, pour ne pas devenir une contrainte managériale et transmettre ses savoirs sans interférer avec le message véhiculé par son acolyte.

Déclic au présent ?

En effet, avant même de penser à s’inscrire dans la durée, Olsson devra se fondre de manière efficiente au sein de son nouvel environnement, s’adaptant au fonctionnement mis en place depuis l’intersaison par son ancien entraîneur, Serdarusic. Sa venue répondant à la volonté de ce dernier, leur collaboration a dû être envisagée en amont... et pourrait bien être bénéfique pour l’ambitieux club parisien. En effet, l’ancien arrière droit suédois apportera son expérience de joueur (fort argument de crédibilisation de son discours) à une équipe qui n’en manque déjà point et ses compétences spécifiques à un effectif pléthorique. Effectif pléthorique qui ne donne pas encore sa pleine mesure, mais qui n’a peut-être besoin que d’un déclic pour toucher du doigt le sacre européen qui justifierait sa constitution.

Simon Farvacque

* https://www.youtube.com/watch?v=Kb2sntHDP1I

Sources :

http://www.lequipe.fr/Handball/Actualites/Staffan-olsson-adjoint-de-serdarusic-c-est-officiel/592997

http://www.20minutes.fr/sport/1440699-20140910-psg-handball-philippe-gardent-normal-dire-veut-tout-gagner

Publié le 25.09.2015