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Miami et San Antonio: Comme on s'retrouve

Miami et San Antonio:

Comme on s'retrouve ! 


Pour la première fois depuis 1998 les Finales NBA seront le théâtre d’un remake. Comme si tout était écrit, à l’heure des play-offs les franchises de San Antonio et de Miami ont changé de braquet et gravi la montagne NBA, pour se retrouver à nouveau en tête-à-tête à son sommet, où elles ont un compte à régler. Mais pour s’offrir ces retrouvailles, elles ont du braver de nombreux obstacles.

Des Game 7 à foison… puis en voie d’extinction

Au premier tour des play-offs, le grand nombre de séries obligées d’aller à leur terme pour désigner un vainqueur (5 sur 8 ) avait marqué les esprits… mais pour la première fois depuis 4 ans : à partir des demi-finale de conférence, plus aucun match 7 n’a été nécessaire pour départager les différents candidats au trône NBA avant la grande finale.

Ce constat global se vérifie dans le parcours des Spurs, victoire 4-3  face au Dallas d’un Vinsanity ressuscité, puis 4-1 contre une équipe de Portland encore un peu tendre, et enfin, 4-2 face à une franchise d’Oklahoma city qui n’a pas démérité… mais a tout de même subi un écart moyen de plus de 21 points sur l’ensemble de ses 4 défaites ! C’est donc lors du premier tour que San Antonio  a été le plus proche de faire faux bond au Miami Heat.

Un Miami Heat qui a quant à lui connu un tableau de moins en moins aisé. 4-0 face à Charlotte, seule équipe sweepée cette année, 4-1 contre les expérimentés Brooklyn Nets, puis 4-2  contre une franchise d’Indiana promise à un bel avenir, mais encore un peu légère pour cette année.

Deux trajectoires opposées, pour un résultat similaire et relativement prévisible. Dans les deux conférences d’ailleurs, les vérités de la saison régulière se sont fidèlement reflétées lors des phases finales.

Un carré d’as prévisible, une finale qui semblait inéluctable

Les deux premiers du classement s’y sont affrontés, dans le dernier carré, à l’occasion de duels plutôt déséquilibrés.  En effet, côté Est : à eux tous, les joueurs de l’effectif des Pacers d’Indiana totalisent 3 bagues de champions… contre 22 pour leurs bourreaux du Heat. Un gouffre qu’ils ne combleront pas cette année.

A l’Ouest, 11 à 7 pour San Antonio face à OKC, l’écart est moins abyssal, mais les cinq bagues du seul Derek Fisher cachent le fait qu’entre les stars des deux équipes il existe une fondamentale différence d’expérience. Par exemple, Kevin Durant, tout MVP qu’il est, n’a jamais eu la joie d’être sacré champion NBA, pour l’instant.

Miami a éliminé Indiana sur une victoire aisée 117-92, après 5 premiers matchs serrés (écart moyen de 8 points), alors que San Antonio s’est qualifié à l’issue de la rencontre la plus disputée  de la série, de 5 points en prolongation (contre une différence moyenne de 20 unités jusqu’ici)… mais les deux franchises ont dégagé, chacune à leur manière, la même impression de puissance. Dans des styles, pourtant, diamétralement opposés.

Miami, un trio pour un triplé 

Si côté texan c’est le collectif qui s’exprime en premier lieu, du côté de la Floride, ce sont les Tres Amigos qui brillent de mille feux.

A l’été 2010, LeBron James et Chris Bosh rejoignent Dwyane Wade, déjà titré en 2006 aux côtés du Shaq.Après une courte période de disette la franchise de Miami s’apprête à rejouer les premiers rôles. Dès lors, l’équipe atteint les Finales NBA chaque saison et cumule déjà 2 sacres (2012 et 2013).

Depuis le début des play-offs, les trois stars vampirisent le ballon. Ils sont les seuls joueurs de leur équipe au-dessus de 10 points/match en moyenne. De plus, ils jouent chacun plus de 33 minutes par rencontre (ce qui n’est le cas d’aucun Spurs par exemple). A leur tête, James est le plus prolifique de l’équipe en terme de points, rebonds et passes (27.1/ 6.8 / 5.0) et s’impose comme le leader incontesté.

En cas de victoire cette année, les trois hommes pourraient déjà compter, en l’espace de moins de quatre ans, 3 titres en commun. Soi autant qu’un autre trident redouté.

San Antonio, un trio pour l’éternité

Celui-ci, composé de Tony Parker, Tim Duncan et Manu Ginobili, sévit maintenant depuis 12 ans et apporte la plus value nécessaire à un collectif bien rodé. A San Antonio, le Big Three fait briller ses coéquipiers plus qu’il ne les éblouit.

Sur l'ensemble des phases finales, cinq Spurs (Boris  Diaw et Kawhi Leonard en plus de la fameuse triplette) sont à au moins 10 points par match en moyenne, aucun à plus de 20, pour Gregg Popovich le système de jeu est roi et les joueurs, aussi performants soient-ils, en sont les vassaux. Ce qui n’empêche pas ses trois pions majeurs d’affoler les statistiques.

Depuis la démonstration réalisée face à OKC lors du Game 2 de la finale de conférence (122-77), le brelan magique des Spurs est détenteur du record de matchs remportés en play-off pour un trio sous les mêmes couleurs (113 à ce jour).Magic Johnson, Karim Abdul-Jabbar  et Michael Cooper effacés des tablettes, c’est maintenant derrière un autre record que courent les trois hommes. En effet, ils pourraient devenir cette année les premiers à remporter, ensemble et pour la même franchise, le titre de champion NBA, deux fois, à 11 ans d’intervalle.

Miami, la confirmation ou la désillusion

Mais pour cela il faudra battre une équipe du Heat qu’il serait réducteur de résumer à son trio doré. Car autour de ses derniers, l’ossature est solide. Chris Andersen, The Birdman, apporte son énergie, Norris Cole et Mario Chalmers se partagent efficacement la mène, Shane Battier et James Jones enquillent à 3 point et la maladresse de Rashard Lewis, ancien All Star, ne se fait pour l’instant pas trop ressentir. Mais surtout, Ray Allen a quitté un autre Big Three (qu’il composait à Boston avec  Kevin Garnett et  Paul Pierce) pour venir se mettre au service de celui de Miami, et, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il reste décisif.

Avec un tel effectif, chuter face à des Spurs vieillissants, après les avoir vaincus l’an dernier, serait pour Miami, dans son hégémonie naissante, un véritable coup d’arrêt. Surtout qu’il était difficile de croire que San Antonio puisse se relever de la terrible défaite que le Heat lui avait infligée.

C’était lors du Game 6 que tout avait basculé, plus particulièrement à 7 secondes de la fin de la rencontre lorsque Ray Allen, servi par Chris Bosh qui venait de capter un importantissime rebond offensif, a dégainé.  Deux pas de recul, un shoot d’une pureté dont il a le secret et l’avantage de 3 points qui devait couronner Tony Parker et ses coéquipiers venait de s’envoler.

San Antonio n’a pas su saisir l’occasion, Miami remporte la prolongation. Les Spurs disent adieu au titre de Champion.

San Antonio, une revanche … au goût de dernière chance ?

Suite à ce match, Tony Parker, sonné, avait sobrement déclaré : « On a encore une chance ». Mais derrière cette phrase, qui se voulait porteuse d’espoirs, se cache l’aveu de l’abandon.

A cet instant, 3 partout, balle au centre, toute la saison va se jouer sur un match qui débutera sur le score de 0 à 0. Alors pourquoi réduire à l’unité les chances de l’emporter ? Parce que, plus ou moins consciemment, TP savait que le titre floridien et l’échec texan étaient entérinés. 

De ce cruel retournement de situation les Spurs sauront-ils puiser le supplément de motivation nécessaire à renverser leur redoutable adversaire, ou au contraire, ce scénario catastrophe les hantera-t-il au moment de prendre leur revanche ? En plus du sentiment d'avoir un compte à régler, qui peut les sublimer, et de leur jeu léché, les joueurs de Popovich auront, cette fois-ci, l'avantage du terrain. Un avantage que la franchise de San Antonio a eu lors de quatre finales NBA... ponctuées de quatre sacre1.

Le shoot de Ray Allen avait symboliquement scellé le cercueil des ambitions de nouvelle bague de la triplette Ginobili-Duncan-Parker. Les trois hommes ont l’occasion de les ressusciter, réécrivant l’histoire de leur crépuscule, ce qui serait un énième exploit majuscule. Cependant ils pourraient même prolonger le plaisir d’une saison 2, défiant encore un peu plus le temps et l’érosion de leur talent.

Mais chaque chose en son temps.

C’est l’heure du combat de titans.

 

FARVACQUE Simon

 

http://sportsus.blog.lemonde.fr/2014/05/05/les-spurs-dun-grand-tony-parker-cloturent-un-premier-tour-des-playoffs-nba-historique/

profitant alors, il est vrai, du format 2-3-2
2 Ils sont tous les trois sous contrat jusqu’en 2015 mais Duncan peut faire jouer une clause qui lui permettrait, par exemple, de partir à la retraite au sommet en cas de titre : 
http://www.basketsession.com/actu/tim-duncan-spurs-retraite-130445/

 

Autres sources :

http://www.lequipe.fr/Basket/Actualites/Parker-encore-une-chance/379690#sfmsg_-7890*sfxd*0*sfxd*0*sfxd*0@@

http://www.lequipe.fr/Basket/Actualites/Un-record-pour-le-big-3/467301

http://www.lequipe.fr/Basket/BasketFicheClub131.html

http://www.lequipe.fr/Basket/Actualites/Le-retour-de-la-revanche/470153

http://en.wikipedia.org/wiki/2014_NBA_Playoffs

http://www.lequipe.fr/Basket/Nba/

http://fr.global.nba.com/stats/teams/teamStats.xhtml?teamId=1610612759&season=2013&tz=GMT+1&dst=0&locale=fr

 

http://fr.global.nba.com/stats/teams/teamStats.xhtml?teamId=1610612748&season=2013&tz=GMT+1&dst=0&locale=fr

Publié le 04/06/2014