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Rome en ébullition

ROME EN EBULLITION

En Serie A, derrière l’intouchable Juventus (76pts), qui n’attend que la cérémonie officielle pour entériner son quatrième couronnement consécutif, la lutte pour la deuxième place fait rage. La Lazio (2e, 62pts) et l’AS Roma (3e, 61pts), suivies à honnête distance par le Napoli (4e, 56pts), se disputent le statut de dauphin, synonyme d’accession directe à la C1. Qui décrochera ce précieux sésame ? Focus sur les deux prétendants romains.

Trajectoires propres et but commun

L’un, rival désigné de la Juve, perd peu mais peine à gagner, l’autre, surprise de l’année, ne  connaît pas la demi-mesure et continue d’impressionner : les deux clubs de la « Ville éternelle » présentent des parcours et des arguments différents, mais unissent leur destin dans une même quête, celle de la 2e place du Calcio.

Il y a quelques mois, rien ne laissait présager qu’un tel bras de fer puisse se nouer. En effet, les Biancocelesti régressaient depuis trois ans, tandis que la Louve démontrait des progrès constants sur le même laps de temps (cf 2e infographie). De plus, cette tendance s’est d’abord vérifiée, la Lazio peinant longtemps à tenir le rythme de son ennemi intime, comptant 12 pts de retard sur lui à l’issue de la 22e journée (comme l’illustre le schéma suivant, qui représente l’évolution du nombre de points des équipes romaines et de celui de la Juventus, utilisé comme valeur étalon). 

 

Dans les deux camps, la situation n’a donc point le même écho. Du côté de la Roma, la saison rime pour l’instant avec déception. Quatre défaites, seulement, mais de nombreux matchs nuls (13, symboles de sa stagnation hivernale) et, surtout, un décalage entre l’ambition clamée (Rudi Garcia déclarant en décembre dernier : « je crois dur comme fer qu'on peut et qu'on va finir champion d'Italie ») et le niveau affiché.
Quant à elle, la Lazio (modeste 9e en 2014) présente le paradoxe de s’être déjà inclinée à neuf reprises en championnat _ comme Empoli… 15e avec 38 pts, par exemple _ tout en figurant pour l’instant en pole position, à l’aube du sprint final de cette course au second rang. Un sprint qui donnera du sel à l’épilogue d’une Serie A qui risquait d’être bien terne (tant son issue ne fait plus de doute : le Scudetto tendant les bras à la Vieille Dame) et que les deux institutions romaines n’ont pas l’habitude de disputer au coude-à-coude, si proches des sommets.

Un duel rarement en si haute altitude

En effet, ce n’est que très épisodiquement, dans leur passé récent, que les deux rivaux ont su bien figurer durant une même année. Ainsi, lors des quatorze derniers opus du Calcio, ils n’ont terminé conjointement sur le podium qu’à deux reprises (voir graphique ci-dessousretraçant les résultats en championnat des deux clubs depuis le début du siècle et le dernier sacre de l’un d’eux, l’AS Roma en 2000/2001).
 

De plus, même lorsque leur état de santé était concomitamment resplendissant, il l’était dans des mesures différentes et leur proximité au classement était toute relative. En 2000/2001, la Lazio de Crespo (3e) n’était pas la menace première pour la Roma de Totti, déjà, et Batistuta (1er), la Juve de Zidane, Del Piero ou autre Trezeguet, s’intercalant au deuxième rang, tandis qu’en 2006/2007, les Laziales terminèrent 3e, juste derrière leurs voisins (2e)... mais en accusant sur eux un déficit de 13 points.
Vertus et limites de l’homogénéité

Cette année, les deux équipes romaines ne sont séparées que par une seule unité, à cinq matchs du terme de la Serie A*. Quelle dynamique primera ? Celle des dernières saisons, ou celle des derniers mois ? Comment les Biancocelesti ont-ils pu ainsi renverser la vapeur ?

Les statistiques en attestent _ en championnat : 54 buts marqués, 54 encaissés en 2013/2014 (38 matchs), contre déjà 63 inscrits et seulement 31 pris en 2014/2015 (en 33 rencontres) _ la Lazio s’est améliorée de manière globale, non seulement par certains ajustements ou par le recrutement d’une star incontournable.

Stefano Pioli, entraîneur arrivé cet été de Bologne, a réussi à instaurer un redoutable équilibre entre les générations et les statuts de ses joueurs, s’appuyant sur l’inaltérable réussite de Miroslav Klose (36 ans, 12 buts en Serie A) autant que sur l’émergence de Felipe Anderson (22 ans, 10 réalisations).

D’ailleurs, en termes de puissance offensive, les deux clubs présentent une caractéristique commune : aucun attaquant n’y phagocyte tous les ballons (le top 5 des buteurs du Calcio est vierge de tout joueur des deux clubs romains), et une différence majeure : l’AS Roma _ dont le marqueur le plus prolifique est Adem Ljajic, avec « seulement» huit buts _ ne conjugue pas cette force de frappe plurielle avec autant de succès que ne le fait la Lazio.

Pour l’instant, la Louve n’a scoré que 46 fois (en 33m), soit quatre buts de moins que l’Inter (9e), bien loin de son total de l’an dernier : 72 buts (38m). L’essoufflement est prégnant. Gervinho, inefficace, n’est plus aussi tranchant, l’emblématique De Rossi semble prêt à tourner la page (après 15 années de fidélité) et l’inoxydable Fransesco Totti continue de performer (6 buts) sans pourvoir tenir toute une équipe sur ses épaules, comme il avait jadis pu le faire.  Ainsi, la donne a brutalement changé, et Pioli apporte l’enthousiasme que Garcia avait suscité à ses débuts, en 2013.

Faire durer le plaisir n’est pas aisé... mais le coach français n’a pas dit son dernier mot.

Dans le dernier virage, un tête-à-tête en juge de paix

Certes, la Lazio a un coup d’avance, dans cette lutte à distance, mais les deux clubs gardent leur avenir en main. En effet, le 24 mai prochain (37e journée), le Stadio Olimpico sera le théâtre de leur mano-a-mano… qui se disputera sans doute dans une fantastique ambiance : la ferveur populaire du derby romain, déjà ô combien importante, décuplée par l’enjeu qu’il s’apprête à revêtir, promet de rendre son atmosphère incandescente.

Avec, en point d’orgue, cet affrontement direct qui pourrait s’avérer décisif 1, la bataille entre les deux représentants de la « Ville éternelle » s’annonce aussi serrée que passionnante.

Simon Farvacque
*programme des deux clubs, en championnat :

 

Comme noté ci-dessus, le Napoli, encore en embuscade, recevra la Lazio lors de la 38e journée et aura peut-être encore l’occasion d’influer sur la course à l’ultime strapontin menant directement à la C1.

Sources :

http://www.sports.fr/football/italie/scans/roma-garcia-on-va-finir-champion-1159240/

http://www.lequipe.fr/Football/FootballResultat49171.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Championnat_d%27Italie_de_football_2006-2007

http://yourzone.beinsports.fr/lazio-rome-les-raison-dune-remontee-folle-89143/

http://www.lequipe.fr/Football/FootballFicheClub125.html

Publié le 02.05.15