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Handball :

Les Bleus défendent plus qu'un titre
Le Championnat du monde de handball masculin se déroule en France, du 11 au 29 janvier 2017. Il débute ce mercredi par une affiche mythique dans l'histoire du sport tricolore. C'est face au Brésil que l'équipe de France va ouvrir "son" mondial (20h45 à l'AccorHotels Arena). Les Bleus ont remporté la précédente édition de la compétition, au Qatar en 2015, mais ils ont été battus lors des deux derniers tournois majeurs (Euro et JO 2016). Presque une anomalie, à l'aune de la domination qu'ils exercent sur leur sport depuis 10 ans. 

Crédit photo : https://tickets.francehandball2017.com/

L'exigence est la rançon de l'excellence. La sélection française de handball maintient un si haut niveau de performance, depuis tant d'années, que la médaille d'argent qu'elle a obtenue cet été, lors des Jeux olympiques de Rio  (26-28 en finale face au Danemark), avait un goût amer. Celui d'une fin de série, après avoir conquis l'or en 2008 et 2012, celui d'une remise en question de sa suprématie. Avec deux échecs relatifs l'an passé (5e de l'Euro en janvier), elle a subi autant de camouflets en deux compétitions que lors des neuf précédents grands événements internationaux (voir infographie). 


L'équipe de France ne détient plus qu'un seul titre majeur : celui, mondial, qu'elle remet en jeu à partir de mercredi prochain (11-29 janvier), avec un statut de "favori parmi d'autres" et non plus d'unique épouvantail.

Ils ne sont plus seuls au monde 

Les regards se tournent vers elle, au moment de faire état des forces en présence, mais aussi vers l'Allemagne (groupe C) et le Danemark (groupe D). Après n'être montée sur aucun podium (Euro, JO et CDM confondus) entre 2008 et 2015, la sélection allemande est devenue championne d'Europe l'an dernier. Elle retrouve le lustre de son passé* et un niveau digne de son puissant championnat de clubs. Quant à eux, les Danois chercheront à surfer sur la dynamique du Brésil. Dans le sillage de leur star parisienne Mikkel Hansen, ils ont été les plus sérieux rivaux des Français entre 2008 et 2014 (deux titres européens obtenus, trois finales continentales/mondiales perdues). Leur sacre olympique récompense une génération qui peut confirmer que son heure a enfin sonné.

De son côté, l'Espagne comptera parmi les têtes d'affiche du groupe B. Non-qualifiés pour les JO après avoir pourtant été finalistes du dernier Euro, les Ibères seront revanchards. Ils retrouveront notamment la Slovénie, l'une des sélections (avec la Suède) qui leur avaient barré la route de Rio. Enfin, la France tentera de sortir du groupe A... qu'elle a "choisi".

"Un huitième de finale accessible"

C'est une particularité qui peut faire sourire dans le sport de haut niveau, où les soupçons de "petits arrangements entre géants" sont légion. L'IHF (fédération internationale de handball) joue cartes sur table : l'hôte d'une compétition qu'elle organise a une partie de son destin en main. La répartition des équipes de son rang (en l'occurrence tête de série) est décidée en dernier. Quand cinq des six équipes de chacun des quatre groupes ont été tirées, il a le loisir d'opter pour celui qui lui convient (page 4). En s'octroyant une place dans le A, avec la Norvège et la Pologne, notamment, Claude Onesta (alors entraîneur principal, voir suite de l'article) a voulu placer les Bleus "dans une poule assez ouverte" avec la perspective "d'avoir un huitième de finale accessible (face à une équipe du groupe B)".  Après une mûre réflexion
Pour terminer dans les quatre premiers (tâche a priori aisée), puis triompher du "top16" planétaire, l'équipe de France pourra s'appuyer sur ses habituels tauliers (
voir effectif en annexe). Parmi eux : Nikola Karabatic, qui, touché à la cheville le 22 décembre dernier, s'est vite rétabli. Il a rejoué lors de la victoire française, hier (vendredi dernier) à Toulouse en match de préparation, face à la Slovénie (29-27). Un adversaire que les Bleus retrouveront dimanche, à Montpellier, pour effectuer les derniers réglages avant le début des choses sérieuses (match d'ouverture face au Brésil à Paris, mercredi). Avec, aux manettes, un banc remanié. Mais pas chamboulé.

Dinart - Gille, un duo dans le grand bain 

Le handball français est une référence, par ses résultats, mais aussi par son modèle de gouvernance. Au sein du staff tricolore, la continuité prime. L’emblématique entraîneur Claude Onesta a pris du recul petit à petit, laissant Didier Dinart – son ancien relais sur le terrain et adjoint depuis sa retraite sportive en 2013 – s’imposer progressivement comme l’homme fort du blanc des Bleus. Celui qui fut la clé de voute de la défense française pendant de nombreuses années (379 capes entre 1996 et 2013) semblait déjà prendre la main cet été, lors des Jeux olympiques de Rio (médaille d’argent). 

Une passation de pouvoir officialisée le 28 septembre dernier (voir photo ci-dessus), Onesta devenant manager général et Dinart entraîneur, au même titre que Guillaume Gille , lui aussi ex-international (308 sélections entre 1996 et 2012) . Pas de bouleversement donc, mais une nouvelle répartition des rôles qui sera intéressante à analyser. Une page va-t-elle se tourner ?
En ne conservant pas sa couronne mondiale le 29 janvier prochain, l'équipe de France masculine de handball enchaînerait un troisième accroc consécutif. Ce qu'elle n'a plus fait depuis 10 ans (voir tableau précédent). Ce ne serait pas le début d'un irrémédiable déclin, car le groupe tricolore regorge de talents et dispose avec Lenne, Kounkoud ou encore Fabregas, d'un profond réservoir de joueurs d'avenir. Mais ce serait la fin d'une époque, d'une dynastie. 

Simon Farvacque


* L'Allemagne a été championne olympique en 1936, lorsque le handball fut une première fois pratiqué aux Jeux, dans une version bien loin de celle d'aujourd'hui, à onze contre onze, en plein air. Au-delà de ce succès acquis dans un contexte particulier (face à une faible concurrence et au service de la propagande nazie), dans le hand moderne : la RDA et la RFA ont dominé durant les années -70 et au début de la décennie suivante, puis l'équipe masculine allemande est revenue sur le devant de la scène au début du XXIe siècle (championne d'Europe et médaillée d'agent olympique en 2004, du monde en 2007) avant cette courte période de disette. 

Annexes : 

 

21 joueurs pour la préparation (sélection définitive, de 16, annoncée le mardi 10 janvier) : http://www.experts-handball.com/actualites/detail-des-actualites/article/une-premiere-liste-pour-le-mondial-2017.html

Composition des groupes : http://www.lequipe.fr/Handball/Actualites/Championnats-du-monde-le-tirage-au-sort-realise/698381

Calendrier de l'équipe de France : 

- Brésil, le 11/01 (20h45, à Paris)

- Japon, le 13/01 (17h45, à Nantes)

- Norvège, le 15/01 (17h45, à Nantes)

- Russie, le 17/01 (20h45, à Nantes)

- Pologne, le 19/01 (17h45, à Nantes)

 

Source : dossier de presse de la compétition. 

Publié le 07.01.2017