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OM – PSG, récit d’une rivalité savamment orchestrée

OM - PSG, récit d'une rivalité savamment orchestrée 

Dans quelques heures le Parc des Princes sera le théâtre du sommet de la Ligue 1 : le Paris Saint-Germain recevant l’Olympique de Marseille, ce dimanche à 21h, en tant que dauphin qui accueille le leader. Si cette affiche résonne depuis peu comme le rendez-vous incontournable du football hexagonal, son existence remonte à moins de 50 ans et elle a d’abord été un non-événement. Pourquoi un tel changement ? Retour sur le court passé commun que partagent olympiens et parisiens.

Michel Denisot et Bernard Tapie

Le mot « Clasico » (ou "Classico" selon le degré de francisation) peut paraître déplacé lorsqu’il est utilisé pour désigner le duel entre l’OM et le PSG, comme c’est si souvent le cas. Non seulement il fait écho à des affiches autrement plus pourvues de ferveur et d’histoire mais, en outre, étymologiquement parlant, il semble inadapté. Ainsi, passée au révélateur d’El Clásico _ célèbre opposition entre le FC Barcelone et le Real Madrid _ la tumultueuse relation entretenue par les deux clubs français perd de son envergure.

 Une dénomination contestable, un statut de classique usurpé ?

En effet, Marseillais et Parisiens ne se sont rencontrés que 70 fois en championnat, contre 169 confrontations en Liga pour les deux mythes espagnols, ont ferraillé pour la première fois en 1971, les grosses cylindrées ibériques s’écharpant dès 1902, et n’ont terminé qu’à trois reprises aux première et deuxième places de la L1 (ex-D1), alors que de l’autre côté des Pyrénées, les monuments hispaniques se sont imposés vingt-sept fois comme le duo gagnant.

Un si léger historique, dont la jeunesse du PSG (qui n’existe que depuis 1970) est grandement responsable, qui laisse à penser que c’est en partie par défaut que l’affiche opposant le club de la capitale à l’OM s’impose comme la référence en France. A titre d’exemple, quantitativement, le rendez-vous entre Marseille et le FC Sochaux-Montbéliard, certes bien moins glamour, est le véritable classique du championnat français, avec 112 opus. Cependant, très peu de matchs opposant les Phocéens aux Doubistes ont pris des allures de finale de la première division, leur dernier combat pour le titre remontant aux années -30.

Cette absence de duels intemporels est une des particularités d’un football hexagonal qui a vu peu d’institutions traverser le temps _ contrairement à certains de ses voisins européens _ et beaucoup d’équipes différentes remporter son championnat domestique.

Mais au-delà des chiffres, autour de la rivalité OM-PSG _ dont le bilan des mano a mano est, par ailleurs, parfaitement équilibré: 32V, 20N et 32D, 106 buts marqués et autant encaissés, des deux côtés _ subsiste une autre question. Les plus grandes rencontres footballistiques qui passionnent à travers le monde symbolisent chacune différents enjeux: certaines reposent sur des oppositions socioculturelles, politiques voir religieuses _ notamment le fameux Old Firm, derby de Glasgow opposant le Celtic aux Rangers*_ tandis que d’autres se résument avant tout à leur aspect purement sportif ou relèvent d’un simple objectif de suprématie nationale. Qu’en est-il du tête-à-tête entre Parisiens et Marseillais ? Quels sont les fondements de l’animosité qu’entretiennent ces derniers ?

Comme évoqué précédemment, peu de grandes écuries françaises ont su dompter les époques pour rayonner à travers plusieurs décennies et aucune n’a pu le faire durant plus d’un demi-siècle sans interruption majeure. A titre de comparaison, en Italie, la Juventus et le Milan AC ont remporté au moins un titre de champion dans chaque tranche de 10 ans, depuis les années -50. Idem pour le Barça et le Real en Espagne, alors qu’en Allemagne, le Bayern n’affiche ce rendement que depuis la fin des sixties. En France, donc, (tout comme en Angleterre) aucun club ne peut se targuer d’une telle régularité.

 A l’origine, un contexte favorable et des intérêts convergents

Ce constat d’une hiérarchie non-gravée dans le marbre et d’une absence de figure de proue insubmersible sur le long terme était déjà valable à la fin des années -80, lorsque l’OM s’apprête à s’imposer comme un hégémonique souverain controversé. A cet instant, les Verts, héros d’hier, musardent en queue de classement de D1 (malgré un sursaut en 1987/88 : 4e) et les Rémois, géants d’avant-hier, se morfondent en D2 : le foot français est en mal de grands affrontements ! Lors de la saison 1988/89, ce manque à combler va coïncider avec un tête-à-tête tendu entre le PSG et l’OM, le titre de champion en toile de fond.

Après avoir concédé le nul au match aller (0-0), au Parc des Princes, en octobre 1988, les Parisiens  se déplacent au Vélodrome auréolés du statut de leader de la D1, en mai 1989. En cette 35e journée, ils comptent 1 point d’avance sur les Marseillais... qui renversent la vapeur au prix d’une victoire 1-0, acquise grâce à un coup de canon de Franck Sauzée dans les dernières minutes du match, et se dirigent vers le premier titre de leur série de quatre sacres. Entre les deux équipes, la rivalité sportive émerge _ tandis que Bordeaux, club phare des années -80, avec trois titres en quatre saisons (1984, 85 et 87), rentre dans le rang _ mais ne prend pas une très grande ampleur, bien que les présidents  des deux clubs (Francis Borelli et Bernard Tapie) commencent déjà à jouer au jeu de la guéguerre des mots.

C’est surtout Tapie, en homme d’affaire averti, qui mène cette campagne d’émulation. En effet, il comprend vite la nécessité de pimenter le règne naissant de son Olympique en faisant de ce dernier l’acteur d’une rivalité chronique et le Paris SG a le profil idéal pour devenir le club détesté par toute la Canebière : Les symboliques des oppositions Nord/Sud, capitale/province et club presque centenaire/jeune ambitieux tout juste pubère, sont autant de bases solides pour que l’antagonisme PSG – OM s’installe solidement dans les esprits. Cette volonté du décideur marseillais n’est pas unilatérale, mais pour entretenir la flamme et faire de cette situation explosive un feu d’artifice médiatique l’élément déclencheur n’est pas suffisant, un détonateur plus puissant s’avère nécessaire... et ne tarde pas à être actionné par l’un des acteurs les plus influents du paysage économique du ballon rond hexagonal.

La chaîne cryptée qui détient alors les droits du championnat français, Canal +, voit en ces velléités des profits se profiler à l’horizon : en effet, ce match peut déchaîner les passions ! En se faisant vecteur de la théâtralisation de cette opposition, elle ne laissera pas passer cette occasion. En 1991, elle rachète le PSG dans le but de relancer l’intérêt d’une D1 soumise à la domination phocéenne et fait de l’affiche OM/PSG une véritable marque déposée.

Bernard Tapie, rarement avare de compliment envers sa propre personne, se décrète aujourd’hui unique instigateur de la construction de cet immanquable rendez-vous du foot français "Seuls en haut, on se faisait chier ! [...] Tout le monde a oublié que j’ai poussé Canal à entrer dans le PSG. J’en parlais à Biétry (directeur des sports de la chaîne de 1984 à 1998) depuis longtemps, je l’ai convaincu que c’était une bonne chose pour tout le monde. » Ce que Charles Biétry dément ardemment, considérant cette affirmation comme un « pur délire mégalomaniaque ».

Une chose est sûre : entre l’OM et le PSG, pas de haine viscérale originelle mais un conflit avant tout superficiel, à visée marketing, s’appuyant sur des différences culturelles susceptibles de le rendre crédible. Une sorte d’escarmouche consentie... qui s’est rapidement muée en véritable contentieux

Années -90 : entre coups de sang et coups d’éclat

Ainsi, en décembre 1992, peu avant la réception de l’OM, David Ginola (alors attaquant du PSG) ne mâche pas ses mots, déclarant : « ça va être la guerre ».  Son entraîneur, Arthur Jorge, n’est pas moins belliqueux, clamant au sujet de ses rivaux olympiens : « on va leur marcher dessus ». Le ton est donné. Marseille s’impose au bout d’un combat houleux (0-1), émaillé de très nombreuses interventions viriles et prohibées.

Eric Di Meco, l’un des principaux protagonistes de ce match heurté, symbole parfait de la rugosité des âpres duels que se livraient les deux clubs à cette époque, ne cache pas que ces uppercuts verbaux et tacles appuyés reposaient sur une rancœur à mi-chemin entre le réel et l’artificiel. Il déclarait récemment, au sujet de la genèse du conflit OM/PSG : « Tapie nous mettait la pression. Étant Parisien, il voulait qu'on fasse un bon résultat face au PSG. A cela on ajoute les échanges d'amabilités dans la presse, c'est venu tout seul avec la montée de Paris à l'époque. [...] (Pourtant) On était potes. Mais quand on jouait ces matches, on ne se regardait pas dans le tunnel, on ne se serrait pas la main, on ne se parlait pas. C'était la haine. La haine sportive... mais ça dépassait tout ça. On savait en plus que ça les touchaient, ils n'avaient pas l'habitude, donc on allait dans la connerie jusqu'au bout. ». Rendue d’autant plus passionnante, la glorieuse (et, certes, douteuse) période marseillaise va alors se concrétiser par une victoire en C1 (1-0 contre le Milan AC) qui permet encore aujourd’hui aux supporters phocéens de se fendre du slogan « à jamais les premiers ».

Ainsi, quelques mois plus tard, c’est tout juste sacrés champions d’Europe que les Olympiens, euphoriques, reçoivent le PSG. Déjà décisif à Munich, trois jours plus tôt, lorsque le premier tire le corner qui permet au second de rentrer dans la légende, le duo Abedi Pelé - Basile Boli va encore frapper. Peu après la demi-heure de jeu, le score est de 1-1, lorsqu’une superbe action collective des Marseillais se conclut par un centre du petit Abedi pour le colosse Boli. De l’orée de la surface, ce dernier décroche un coup de tête surpuissant qui ne laisse aucune chance à Bernard Lama. Plus tard, le défenseur marseillais confessera que son plongeon impressionnant avait pour but de se transformer en intervention musclée plus qu’en but d’anthologie : «je voulais surtout emplâtrer Ricardo. Il s'en était pris à Boksic. ». Teintée d’une certaine réussite, cette réalisation permet à son équipe de prendre un avantage décisif : l’OM s’impose finalement 3-1 et s’assure son 5e titre de champion de France consécutif... titre dont il sera destitué, suite à « l’affaire VA-OM » 1. Le PSG refusant un couronnement par défaut, la distinction de « champion de France 1993 » ne sera jamais réattribuée. L’année suivante, Paris (1er) triomphe de Marseille (2e) et le club olympien est rétrogradé en seconde division pour les raisons de corruption déjà évoquées : la rivalité PSG-OM se met donc en veille. Avant de repartir de plus belle.

 L’OM en pénitence, court intermède dans la passe d’armes
Marseille ne végète pas longtemps à l’échelon inférieur et dès 1996/97 l’antagonisme reprend, doucement. La saison suivante, il connaitra un nouvel épisode marquant : le 9 novembre 1997, soit 17 ans jour pour jour avant l’affrontement de dimanche, Fabrizio Ravanelli, l’attaquant olympien, joue une pièce de comedia dell’arte dans l’antre du PSG. D’un malicieux auto-croche-pied il mystifie l’arbitre de la rencontre et provoque le pénalty qui permettra à Laurent Blanc de mener l’OM au succès (2-1). Un an et demi plus tard, les Parisiens prendront une éclatante revanche.

Mai 1999, le club marseillais, à la lutte avec les Girondins de Bordeaux, est en position idéale pour remporter son premier titre de champion depuis 7 ans. Le PSG, hors du coup pour le sacre (9e à la fin de la saison) sera un acteur majeur de l’échec de l’OM. 36e journée : Les joueurs de la capitale infligent une défaite, 2-1, à leur ennemi favori, grâce à une fin de match canon.

Pour le dernier acte de la saison, ils accueillent les Bordelais. En se montrant aussi efficaces face à ces derniers, ils peuvent offrir le titre aux Marseillais. Après un match plaisant et engagé, des deux côtés, ils font preuve d’une certaine passivité dans les derniers instants de la partie lorsque le jeune Pascal Feindouno (17 ans), tout juste sorti du banc, inscrit le but qui entérine le triomphe bordelais. En s’imposant 3-2 les Girondins s’adjugent le championnat. 2

Les supporters marseillais ne cesseront de fustiger le comportement des Parisiens, qu’ils jugent antisportif (le débat est sans fin), bien que, quelques semaines plus tôt, c’est en s’inclinant à Paris que leur club de cœur avait posé la première pierre de sa fin de saison frustrante. Légitime ou non, cette rancœur tenace reste aujourd’hui profondément ancrée dans l’esprit des plus fervents soutiens du onze phocéen.

De plus, leur déception de l’instant ne fut que décuplée pendant 10 ans. Dix années durant lesquelles l’OM courra vainement derrière un titre... qui se refusera également au PSG. La première décennie du XXIe siècle voit en effet les deux rivaux rentrer dans le rang et poursuivre leur duel, bien plus loin des hautes cimes du championnat.

Années -2000 : un sommet médiatique... en basse altitude sportive

En effet, entre la saison 1999/00 et sa version 2008/09, Parisiens et Marseillais ne cumulent que quatre places de 2e du championnat (deux chacun) et aucun sacre en dix éditions, contre cinq titres et cinq rangs de dauphin sur les dix précédentes. Pire, sur cette période, les deux clubs ne terminent jamais simultanément dans le top 5. L’engouement autour de ce choc en toc ne s’érode pourtant pas.

De 1999 à 2005, le duel se caractérise alors par une instable hiérarchie ... qui se traduit de manière surprenante. Paradoxalement, c’est souvent l’équipe la plus en difficulté qui s’impose, trouvant dans cette victoire de prestige un lot de consolation susceptible de calmer la véhémence de ses supporters, déçus par la prestation d’ensemble du club qu’ils soutiennent.   

Ainsi, en 2000, le PSG boucle la D1 à la 2e place alors que son adversaire marseillais se contente d’un piteux classement (15e)... mais ce dernier se permet tout de même de le corriger deux fois (0-2 au Parc, 4-1 au Vélodrome). Lors des deux saisons suivantes Paris devance encore Marseille mais compte une seule victoire, pour un nul et deux défaites, dans leurs tête-à-tête en championnat.

De 2002/03 à 2004/05, l’OM relève enfin la tête à l’échelle nationale _ toujours classé entre la 3e et la 7e place sur la période _ pendant que le PSG alterne le très bon, 2e en 2004, et le moyen, 11e en 2003, 9e en 2005. Pourtant, c’est durant ce laps de temps, que Paris se fend d’une série de neuf matchs sans défaite, coupe et championnat compris, dont huit victoires d’affilée ( !). Un record encore inégalé à ce jour mais qui vacille dangereusement (les joueurs de la capitale restent sur sept rencontres sans échec).

Outre par cette curiosité statistique, le clivage OM-PSG à la sauce « début du millénaire » est marqué par certaines performances individuelles remarquables et l’émergence d’un talent fou : celui de Ronaldinho Gaucho.

 Éclairs de génie, trahisons en série, les minots de sortie

Avant de faire les beaux jours du Barça, le Brésilien a éclos, aux yeux de l’Europe, au Paris Saint-Germain. En deux ans (2001-2003) il aura fait l’étalage de toute sa classe, certes avec intermittence, réalisant notamment un match de premier ordre au stade Vélodrome en mars 2003. Victoire parisienne (0-3) avec un but de Ronnie et deux de Jérôme Leroy, l’un marqué avec l’involontaire complicité d’un Vedran Runje très mal placé, l’autre sur un service de son artiste de coéquipier.Rayon inspirations géniales, deux ans plus tard, Pedro Miguel Pauleta ne sera pas en reste. D’un lob astucieux sur Fabien Barthez il inscrit un but mémorable et participe au succès des siens (2-1). Nous sommes en 2004 et c’est grâce à ces quelques phénomènes que la domination du PSG sur l’OM bat son plein. Mais un tout autre phénomène se répand à vitesse grand v : celui du retournement de veste culotté.

Depuis 44 ans, cinquante-deux joueurs ont joué pour les deux clubs (en pro), et Jean-Louis Leonetti (Marseillais en 1959, Parisiens en 1971) n’a pas attendu le XXIe siècle pour le faire.

Ce qui est plus novateur est la propension que certains transfuges d’un club à l’autre, ont à rendre  risibles leurs propos. Petit florilège, non exhaustif de déclarations qui s’avèrent cocasses, après coup. En 2004, Lorik Cana déclare, au sujet de ses ex-coéquipiers Déhu et Fiorèse, passés à l’ennemi  et à qui il tient visiblement rigueur : « On se saluera avant le match et on en restera là. Mais je préfère être dans ma position que la leur. Ils ont fait le choix de partir, à eux de l’assumer. ». Il ne tardera pas à les imiter et à se soumettre au même jugement d’un de ses précédents acolytes. En effet, Modeste Mbami, interrogé sur le départ pour l’OM de ce même Cana en 2005 : « Je ne peux pas jouer à Marseille. Je pourrais quitter le PSG pour un autre club, mais pas pour l’OM », paraît interloqué... et bien sûr de lui. Il arborera pourtant une tunique bleu ciel et blanc quelques mois plus tard. Enfin, la même année, Edouard Cissé vient clore le débat : « Pour moi, tu es soit parisien, soit marseillais. En Espagne, tu es du Real ou du Barça, c'est pareil. A un moment, il faut prendre position » avant de faire fi de ses propres conseils quatre ans plus tard.

Les différents auteurs de ces serments d’allégeance reniés ont tous porté le maillot du PSG avant de se vêtir de celui de l’OM, le chemin inverse est d’ailleurs moins souvent parcouru. Toujours du Nord au sud, au rang des trahisons significatives, la pige de Mister George Weah à l’OM, en 2000/2001, n’est que peut choquante à l’aune de l’étonnante infidélité de Gabriel Heinze, finalement titré à l’OM (en 2010), après avoir échoué dans cette quête au PSG, dont il fut l’un des emblèmes. Mais au-delà de leur enjeu sportif, certaines de ces volte-face ont provoqué la vindicte populaire et été le vecteur d’ambiances survoltées ou délétères.

Deux exemples parmi tant d’autres : en février 2000, au Vélodrome, Jérôme Leroy (3 ans avant son doublé pour le PSG) _ auteur de l’exploit de l’aller-retour entre les deux villes 3 _ alors marseillais, se fait fièrement expulser pour excès d’agressivité, sous les acclamations de la foule alors qu’en novembre 2004, Fabrice Fiorèse, nouveau Phocéen, se fait passablement huer par le Parc des Princes lorsqu’il alimente sa réputation de simulateur en subissant un tacle dangereux de Sylvain Armand.

Le facteur « supporters » jouera en 2006, un rôle bien différent encore, dans un match particulier. Suite à un imbroglio quant au nombre de fans marseillais autorisés à monter sur la capitale pour assister à la rencontre, Pape Diouf (son président) décide d’envoyer l’équipe réserve de l’OM défier le PSG. Carrasso, alors doublure de Barthez, Gimenez, déception du recrutement olympien, Civelli, rugueux défenseur argentin, Gary Bocaly, jeune latéral symbole de cette équipe de « minots » mènent l’OM à un match nul et vierge inespéré face au Paris de Pauleta, Bonaventure Kalou ou autre Jérôme Rothen. L’exploit est salué par toute la Canebière, qui fête ses jeunes en héros. D’autres festivités ne vont pas tarder pour les deux clubs qui s’apprêtent à revenir sur le devant de la scène.

Années 2010 : Compétitivité retrouvée. Intouchable PSG ?

    
 

En effet, de 2009/10 à 2013/2014, en cinq saisons, sur dix places de 1 et 2 de la L1, six sont occupées par l’OM et le PSG, tous deux de retour au sommet. Si l’OM s’y est hissé avec un temps d’avance _ comme un symbole, la victoire écrasante en terre parisienne en février 2010 (0-3), précède le sacre tant attendu _ aujourd’hui le rapport de force est clairement opposé : le PSG est intraitable depuis peu, avec deux titres de champions et près de trois ans d’invincibilité face à l’OM (cinq victoires, deux nuls). La dernière victoire marseillaise, éclatante, remonte à novembre 2011 (3-0, sur l'air Candide de "l'argent ne fait pas tout') et avec Ibra, son imposant suédois (déjà joueur le plus prolifique de l'ensemble des duels entre les deux clubs, avec 6 buts), Paris a pris un ascendant certain sur son opposant phocéen.

Le changement de planète du club de la capitale procure une sensation particulière : celle que sa supériorité voue la L1 à perdre de son intérêt, risquant de se résumer à dix-neuf clubs qui se battent pour le sésame de dauphin et un affamé requin parisien qui n’aspire qu’à nager en eau continentale, avec pour leitmotiv le gain de la C1. Le slogan « Rêvons plus Grand », symbolique du Paris-SG version Qatari, atteste d’ailleurs d’une aspiration à promouvoir les joutes européennes plutôt que les querelles nationales. Ainsi marginalisé de son championnat domestique, le PSG risque de voir décroître l’intérêt que suscitent ses matchs face à ses opposants, transformés en vassaux... pour l’instant, ce spectre est chassé par un début de saison tonitruant des Marseillais (premiers, avec quatre points d’avance), mais jusqu’à quand ? De plus, stratégiquement, les actuels décideurs parisiens n’ont pas vocation à mettre particulièrement en avant une rencontre historiquement estampillée Canal+, principal concurrent sur le marché français de leur chaîne de télévision sportive. Alors, comment va évoluer cette rivalité orchestrée de main de maître il y a près de 25 ans, au nom d’un enjeu économique qui faisait de ses protagonistes des alliés de circonstances ? Le fait est que sa genèse illustre l’un des paradoxes du sport, pratique sociale dans laquelle les plus grands adversaires, certes ennemis sur le terrain, restent avant tout d’indispensables partenaires de jeu. Un jeu qui s’annonce passionnant, ce dimanche.

A défaut de justifier, ou non, son label « classico » le premier opus du duel PSG – OM version 2014/2015 promet en effet une belle empoignade. De plus, entre la machine parisienne, encore grippée mais invaincue et en progrès, et le collectif marseillais, toujours impressionnant de débauche d’énergie et souvent séduisant, c’est une partie de l’avenir d’une Ligue 1 que l’on se surprend à espérer indécise qui se jouera !

L’an passé, l’illusion d’un championnat serré avait duré jusqu’à la mi- saison. En ne revenant pas Fanny de la capitale, les Phocéens, qui n’avaient pas inscrit le moindre point face à l’ogre parisien lors de l’exercice précédent, pourraient prolonger le suspense et continuer de jouer leur rôle de trouble-fête. Jusqu’à priver leurs rivaux du titre auquel ils semblent promis ?

Aux audacieux tout espoir est permis.

 

Farvacque Simon

 

*Au sujet duquel je vous suggère l’article ci-joint : http://yourzone.beinsports.fr/histoire-glasgow-celtic-rangers-catholiques-protestants-43270/

1 Corruption avérée de la part de certains joueurs marseillais, qui avaient monnayé leur victoire face à l’équipe de Valenciennes

2 Pour plus d’informations sur le contexte de ce sacre bordelais (1998/99), voir les quelques lignes qui lui sont consacrées dans cet article : http://yourzone.beinsports.fr/ligue1-quand-lhistoire-se-repete-rivalite-bordeaux-marseille-76125/

3 Dans cet ordre : Paris (1995/99), Marseille (1999/02), Paris (2002/03)

Sources :

http://www.leparisien.fr/espace-premium/sports/il-y-a-vingt-ans-boli-faisait-chavirer-la-france-24-05-2013-2829847.php

http://yourzone.beinsports.fr/om-psg-historique-clasico-partie-1/

http://www.mothersoccer.fr/le-clasico-sommet-de-lirrationnel/

http://www.ohaime-passion.com/confrontations_Marseille_Paris.html

http://www.leballonrond.fr/confronto_equipas.php?op=ver_confronto&equipa_1=50&equipa_2=40&id_comp=5&ond=f&grp=1&epoca_ini=31&page=5

http://www.leballonrond.fr/confronto_equipas.php?op=ver_confronto&equipa_1=50&equipa_2=40&id_comp=5&ond=f&grp=1&epoca_ini=31&page=5

http://www.lequipe.fr/Football/HIST_ESP.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bilan_saison_par_saison_du_Paris_Saint-Germain

http://www.lequipemagazine.fr/avant-hier/diaporama/Om-psg-revisez-vos-clasicos/370/#4

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bilan_saison_par_saison_de_l%27Olympique_de_Marseille

http://www.eurosport.fr/football/ligue-1/2013-2014/psg-om-aux-origines-une-histoire-de-marketing-extrait-de-histoire-d-une-rivalite_sto4152865/story.shtml

http://www.lemagazine.info/?OM-PSG-PSG-OM-les-meilleurs

http://www.le-classico.com/1997

http://www.goal.com/fr/news/29/ligue-1/2010/11/04/1154713/sp%C3%A9cial-clasico-les-psg-om-les-plus-marquants-de-lhistoire

http://www.meilleurescotes.com/PSG-OM-historique-des-matches-et-statistiques.html

http://rmcsport.bfmtv.com/football/om-psg-phrases-choc-527496.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Louis_Leonetti

http://www.football365.fr/france/ligue-1/52-joueurs-ont-porte-maillot-de-marseille-et-du-psg-899287.shtml

le journal "L'Equipe" du 07/11/2014

Publié le 07/11/2014