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Tour de France 2016 : un parcours (pas si) classique

 

La 103e édition du Tour France débute ce samedi, par une étape en ligne entre Mont-Saint-Michel et Utah-Beach. Sur la ligne de départ : Chris Froome - tenant du titre et grand favori - et Nairo Quintana - leader de la meute de challengers - chercheront à traverser sans encombres la première semaine pour s'expliquer en haute montagne. Du classique. Comme le parcours proposé... à quelques exceptions près. Présentation des acteurs majeurs de cette Grande Boucle et des vingt-et-une étapes qui la composent. 


Pas de pavés cette fois. Ni de chrono inaugural, ni de contre-la-montre par équipes. L'édition 2016 du Tour de France, en tous ces points, diffère de la précédente. Elle se caractérise par un tracé relativement traditionnel, respectant la tendance moderne (un effort solitaire réduit comme une peau de chagrin - voir graphique en préambule de cet article de l'an passé  - 54,5 km cette année). 

Parmi ses particularités : une première semaine qui ravira autant les puncheurs que les sprinteurs (point commun avec l'opus 2016 qui s'inscrit dans la logique récente d'éviter à tout prix la monotonie) et des rendez-vous montagnards plus dispatchés que le standard enchaînement Pyrénées-Alpes (ou Alpes-Pyrénées) n'a l'habitude de réserver. Plus dispatchés... et même pour certains inédits. 

Présentation, détaillée, du parcours proposé et, en filigrane, des coureurs amenés à s'y illustrer.

1ère étape (samedi 2 juillet) : les sprinteurs, contre vents et marées ?

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : 50-30-20-18-16-14-12-10-8-7-6-5-4-3-2 aux 15 premiers à l’arrivée et de 20-17-15-13-11-10-9-8-7-6-5-4-3-2-1 aux 15 premiers du sprint intermédiaire. 1pt au classement de la montagne en haut des deux côtes de 4e catégorie. 

Le Tour, c'est aussi un patrimoine national, un rendez-vous avec l'histoire de France. Cette entrée en matière en est l'illustration. Entre le haut lieu touristique qu'est le Mont-Saint-Michel et, surtout, Utah Beach, l'une des plages du débarquement du 6 juin 1944, le sport paraît presque accessoire. Et pourtant, la vigilance sera de mise sur des routes longeant la cote... et donc potentiellement propices aux bordures. 

En 2015, Nairo Quintana (Movistar) avait ainsi perdu 1min28 sur Christopher Froome (SKY), dès la deuxième étape de la Grande Boucle. Soit un peu plus que les 72 secondes qui le séparaient finalement du "Kényan Blanc" à l'arrivée, à Paris. Au-delà de cet enjeu qui concernera également Alberto Contador (Tinkof), Fabio Aru (Astana) ou encore Thibaut Pinot (Fdj) - dont les espoirs de bon classement général s'étaient rapidement envolés au gré de mésaventures en première semaine l'an dernier - les "grosses cuisses" devront aussi être aux premiers rangs, en cas de fort, et adéquat, vent. 

Si tous répondent présent, le lâcher de fauves promet d'être spectaculaire. Surpuissant champion d'Allemagne il y a quelques jours, devant un Marcel Kittel (Etixx Quick-Step) obligé de se rasseoir sur sa machine, André Greipel (Lotto-Soudal) est, d'une courte tête face à une telle densité de pur-sangs, le favori de cette étape inaugurale. Mais Alexander Kristoff (Katusha) - en échec sur le Tour 2015 - et Mark Cavendish (Dimension Data) - en perte de vitesse depuis de nombreux mois, notamment battu par Adam Blythe lors du Championat de Grande-Bretagne - n'ont pas l'âme d'un simple candidat aux places d'honneur. Dylan Groenewegen (Lotto NL-Jumbo), du haut de ses 23 ans, sera l'un des potentiels "trouble-fête" qui forment une (très) longue liste.

Moins cantonnés au registre de sprinteurs "purs", et susceptibles de briller dans les jours à venir, Michael Matthews (Orica-BikeExchange), Bryan Coquard (Direct Energie), Edvald Boasson Hagen (équipier de luxe du Cav' dans l'équipe Dimension Data), John Degenkolb (Giant) et, bien sûr, Peter Sagan (Tinkoff) seront aussi à surveiller. 

Le quadruple tenant du maillot vert du Tour ne se contentera pas longtemps du costume d'outsider du jour. 

2e étape (dimanche 3 juillet) : Sagan, (pas encore) en vert, (déjà) contre tous ? 

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : de 50 à 2 aux 15 premiers à l’arrivée et de 20 à 1 aux 15 premiers du sprint intermédiaire. 1pt au classement de la montagne en haut des trois côtes de 4e catégorie, 2 et 1 points aux deux premiers coureurs franchissant la côte de 3e catégorie dans le final. 

Qu'il ait déjà fait main basse sur sa tenue fétiche... ou pas encore, Peter Sagan sera l'homme à battre ce dimanche. Quelques sprinteurs seront en droit d'espérer : Coquard, Boasson Hagen, cette fois carte maîtresse de son équipe, Matthews, membre d'une formation Orica-BikeExchange qui ne manquera pas d'atouts (Simon Gerrans, Michael Albasini) voire Degenkolb selon sa condition. Mais pour le Champion du Monde, le danger viendra surtout de coureurs capables d'anticiper dans les plus forts pourcentages. Et cette montée en deux paliers (1.9km à 6.5% de moyenne, puis 700m à 5.7% après une petite portion descente sous la flamme rouge) en offre l'occasion. Petr Vakoc-Julian Alaphilippe-Dan Martin, redoutable trio d'Etixx Quick-Step, Joaquim Rodriguez (Katusha), Greg van Avermaet (BMC), Alejandro Valverde (Movistar), Tony Gallopin (Lotto-Soudal) ou encore Jan Bakelants et Alexis Vuillermoz (AG2R): nombreux seront les prétendants dans ce final escarpé. 

Le Français, dernier cité, avait devancé Martin, Valverde et... Sagan, à Mûr-de-Bretagne, sur le Tour 2015, dans un final assez semblable (bosse moins longue mais sans déclinaison). 

 

Les plus sérieux candidats au maillot jaune devraient (?) se contenter de suivre, tandis que les bolides les moins aériens auront l'occasion de prendre leur revanche dès le lendemain. 

 

3e étape (lundi 4 juillet) : un faux plat pour compromis 

 

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : de 50 à 2 aux 15 premiers à l’arrivée et de 20 à 1 aux 15 premiers du sprint intermédiaire. 1pt au classement de la montagne en haut de la côte de 4e catégorie.

On passe le cap des 200 kilomètres pour cette troisième manche qui sera peut-être celle des revanchards. Le dernier kilomètre, à 2.5% de moyenne et d'une inclinaison progressive, pourrait sourire à un troisième type de finisseurs, au profil hybride. Si tant est qu'aucun des "courageux du jour", partis en éclaireurs, n'arrive à résister au retour du peloton.

L'arrivée de la quatrième étape du Dauphiné de cette année était du même type et le Champion de Norvège, Boasson Hagen , s'était imposé devant Alaphilippe et Bouhanni (forfait pour le TDF). 

Cependant, si ce faux-plat peut changer la donne - et offrir leur chance à des outsiders tels que Sam Bennett (Bora-Argon 18), Sondre Holst Enger (IAM), Davide Cimolai (Lampre) etc. - il peut très bien être rendu insignifiant par les grosses cylindrées, celles de Kittel et de Greipel notamment. Un défi plus compliqué à relever lors de la quatrième passe d'armes.

4e étape (mardi 5 juillet) : rebelote... en plus corsé 

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : de 50 à 2 aux 15 premiers à l’arrivée et de 20 à 1 aux 15 premiers du sprint intermédiaire. 1pt au classement de la montagne en haut de la côte de 4e catégorie.

Proche du copié-collé ? Pas tant que cela... l'arrivée de cette quatrième étape propose une dernière rampe de 500 mètres à 5%. Plus court donc, mais plus proche d'une vraie bosse que d'un faux plat. Encore une fois, Sagan aura la pancarte.

Sur qui la Lotto Soudal misera-t-elle ? Sur son Gorille de Rostock, en la personne de Greipel, ou sur Jens Debusschere, adepte de tels finals ? Chez Etixx aussi, la question se posera. Stybar, grand spécialiste du type d'efforts explosifs demandés n'est pas là, mais les puncheurs ne manquent pas... tandis qu'un Kittel en grande forme et lancé à vive allure au pied peut s'illustrer (il l'avait montré en terminant 6e de la 3e étape du Tour de Dubaï cette année, talonnant notamment Philippe Gilbert, dans un "mur" bien plus sélectif encore).

Le classement du maillot vert et la réussite de chacun depuis Mont-Saint-Michel jouera un rôle important dans le dessin du scénario de ce quatrième round. Peut-être, d'ailleurs, qu'un voire plusieurs des trois premiers bouquets aura/ont été ramassé/s par des coureurs échappés.

Pas sûr. Il y a fort à parier que la course ait jusqu'ici été cadenassée.  

 

 

 

5e étape (mercredi 6 juillet) : la montagne, déjà. Vraiment ?

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : 30-25-22-19-17-15-13-11-9-7-6-5-4-3-2 aux 15 premiers à l’arrivée et de 20 à 1 aux 15 premiers du sprint intermédiaire. Points au classement de la montagne, au sommet des côtes de 2e catégorie : 5-3-2-1. Pour les "3e catégorie" : 2-1, et 1 pt pour la "4e catégorie". 

 

 

Christian Prudhomme s'en gargarise - "la vraie différence (cette année), c'est que la montagne est répartie sur deux semaines et demie" :le Tour prend de la hauteur avant la fin de cette première semaine. Raisonnablement (toujours en-deçà des 1400 mètres d'altitude), certes, mais avec des arguments qui peuvent faire saliver. Trois belles difficultés dans les quarante derniers kilomètres, qui laissent espérer une fin de course mouvementée.

De là à voir les favoris se découvrir ? Peu probable. Les seconds couteaux auront leur chance et certains tenteront peut-être de se vêtir d'un maillot jaune qui leur sera inaccessible quelques jours plus tard. Ce parcours accidenté offrira peut-être également l'occasion à deux équipiers de luxe (et de circonstance) de lever les bras : Valverde au sprint, Vincenzo Nibali (Astana) au prix d'une descente vertigineuse par exemple. Pour le maillot à pois, ce sera aussi l'heure de creuser un premier écart. Les intéressés ? Daniel Teklehaimanot (Dimension Data), Tsgabu Grmay (Lampre-Merida), Jarlinson Pantano (IAM) etc.

Alors, Massif central mais enjeux périphériques... ou déclenchement des hostilités ?

 

 

 

6e étape (jeudi 7 juillet) : un sprint avant les Pyrénées ?

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : de 50 à 2 aux 15 premiers à l’arrivée et de 20 à 1 aux 15 premiers du sprint intermédiaire. 2-1 points pour le classement de la montagne au sommet des côtes de 3e catégorie, un point au sommet de celle de 4.

Avant que les grimpeurs n'attaquent les choses (très) sérieuses, les sprinteurs tenteront de se mettre en valeur sur cette étape qui leur paraît réservée. Cette fois, pas de faux plat ni de faux semblant : les hommes les plus véloces du peloton vont pouvoir s'expliquer à Montauban. 

 

 

 

7e étape (vendredi 8 juillet) : changement de braquet 

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : 30-25-22-19-17-15-13-11-9-7-6-5-4-3-2 aux 15 premiers à l’arrivée et de 20 à 1 aux 15 premiers du sprint intermédiaire. Classement de la montagne : 1 point pour la côte de 4e catégorie, 10-8-6-4-2-1 au sommet du Col d'Aspin.

Après la mise en bouche de l'avant-veille, les coureurs attaquent les Pyrénées. Le Col d'Aspin sera la première ascension de "première catégorie" de ce Tour. Jamais vertigineux (aucun kilomètre à 10% ou plus), mais régulier (aucun à moins de 6 parmi les huit derniers), il présente une pente moyenne de 6.5% et s'étend sur douze bornes. 

La descente qui lui succédera pourrait calmer les ardeurs de certains et stimuler celles des meilleurs funambules - Nibali notamment.  Notons que le dernier kilomètre, dévoré rapidement dans l'élan, présentera tout de même un dénivelé positif.

Quelques défaillances, peut-être - au son de l'habituel "ce n'est pas là que le Tour se gagnera, mais c'est ici qu'il peut se perdre" - sont à prévoir... plus que de grandes envolées de Quintana ou de Froome. Il ne serait donc pas étonnant de voir un attaquant matinal s'imposer. 

Dans la course au maillot blanc, il y aura sans doute plus d'enseignements à tirer. Wilco Kelderman (Lotto NL-Jumbo), Warren Barguil (Giant) ou autre Louis Meintjes (Giant) devraient déjà avancer leurs pions dans l'optique de la tenue immaculée. 

 

 

 

8e étape (samedi 9 juillet) : montagnes russes au programme

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : de 20 à 1 aux 15 premiers à l’arrivée et aux 15 premiers du sprint intermédiaire. Classement de la montagne : 25-20-16-14-12-10-8-6-4-2 pts aux dix premiers à franchir le Tourmalet, De 10 à 1 point(s) pour les six premiers au sommet des deux cols de 1ère catégorie, de 5 à 1 point(s) aux quatre premiers au sommet du col de 2e catégorie. 

Encore une arrivée dans la plaine et non en altitude pour ce huitième jour de course. Mais cette fois, l'ultime ascension sera précédée de nombreuses, et sévères, difficultés. Le Tourmalet, bien que loin de l'arrivée (98km) jouera donc un rôle dans cette course d'usure, surtout après une semaine d'efforts qui commencera à peser dans les têtes et dans les corps.

Poursuite de la phase d'observation, occasion pour les premiers perdants de redorer leur blason ? La vérité des jours derniers impactera le scénario de cette étape qui s'achève par 120 kilomètres dénués de plat. 

 

 

 

9e étape (dimanche 10 juillet) : première arrivée au sommet 

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : de 20 à 1 aux 15 premiers à l’arrivée et aux 15 premiers du sprint intermédiaire. Classement de la montagne : 50-40-32-28-24-20-16-12-8-4 pts aux dix premiers au sommet d'Andorre Arcalis, de 10 à 1 point(s) pour les six premiers au sommet des trois cols de 1ère catégorie et de 5 à 1 point(s) aux quatre premiers au sommet du col de 2e catégorie.

Enfin. La première arrivée au sommet de ce Tour de France 2016 fera tomber les masques... si ce n'est déjà fait. Froome va-t-il assommer la Grande Boucle comme il l'avait fait l'an passé à La Pierre-Saint-Martin et en 2013 à Ax 3 Domaines. Quintana pourra-t-il répondre cette fois ? Contador, qui reste sur trois TDF terminés au pied du podium (4 ou 5e), Pinot, Aru etc. risquent d'être un cran en-dessous... mais El Pistolero trouvera certainement un motif d'espoir dans le programme imposé.

La montée d'Andorre-Arcalis (10.1 km à 7.2%), qui culmine à 2240 mètres d'altitude sans proposer de portion très raide, lui a réussi par le passé. En 2009, il y avait rétabli la hiérarchie au sein de son équipe Astana reprenant 2 secondes d'avance sur Lance Armstrong. Si peu, mais si symbolique. 

Lors de cette 7e étape du Tour 2009 - remportée par Brice Feillu - derrière Contador, onze hommes n'avaient pas réussi à se départager  (Andy Schleck, Cadel Evans, LA etc.). Cette fois encore, les écarts pourraient être ténus, et beaucoup d'outsiders encore dans le coup. Bien que l'accumulation des jours de course (neuvième d'affilée) pourrait changer la donne. 

Que feront Richie Porte et Tejay van Garderen (BMC), Joaquim Rodriguez et Ilnur Zakarin (Katusha), Romain Bardet (AG2R), Mathias Frank (IAM) ou autre Bauke Mollema (Trek-Segafredo) ? Lesquels seront condamnés à suivre en quête d'un Top 10, lesquels auront un rôle à jouer sur l'issue de ce Tour ? Ce sera une question de jambes, mais aussi de tempérament. 

10e étape (mardi 12 juillet) : baroudeurs, as-tu du cœur ?

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : 30-25-22-19-17-15-13-11-9-7-6-5-4-3-2 aux 15 premiers à l’arrivée et de 20 à 1 aux 15 premiers du sprint intermédiaire. Classement de la montagne : de 10 à 1 point(s) pour les six premiers au sommet du col de 1ère catégorie, 2-1 points pour la côte de 3e catégorie. 

C'est parfois dur de remettre en route après un (tant attendu) jour de repos et, en l'occurrence, il ne faudra pas caler... au risque de reculer. Dès le kilomètre 0, les coureurs seront dans le Port d'Envalira (22.6 km à 5.5%) et être en jambe sera nécessaire pour s'échapper. Cela pourrait payer, car le final sera dur à contrôler pour les équipes de sprinteurs. 

Prendre les devants ne sera donc pas aisé... et on peut établir une short list - sauf accident - des prétendants : Thomas Voeckler et Sylvain Chavanel (Direct Energie), Thomas De Gendt (Lotto-Soudal), Steve Cummings (Dimension Data), Alexis Gougeard (AG2R) ouvriront la marche. On prend les paris ?

11e étape (mercredi 13 juillet) : cap à l'est 

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : de 50 à 2 aux 15 premiers à l’arrivée et de 20 à 1 aux 15 premiers du sprint intermédiaire. 1 point au classement de la montagne distribué à chacune des deux côtes de 4e catégorie du parcours.

Une étape de transition, traditionnelle, qui comme son nom l'indique aura du mal à exister par/pour elle-même. Un petit coup de vent pour la rendre intéressante ? Pas sûr, mais cela fera "causer", inévitablement, et créera, potentiellement, une certaine tension chez les aspirants au sacre. 

De leur côté, les sprinteurs en échec demanderont peut-être à leur escouade de verrouiller la course, pour s'offrir une nouvelle chance. Ceux qui sont en confiance pourraient aussi tenter de continuer sur leur lancée... mais si l'un des ténors de l'emballage final domine son monde depuis le Mont-Saint-Michel, il ne trouvera peut-être pas d'alliés. 

12e étape (jeudi 14 juillet) : à l'assaut du Géant de Provence 

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : 30-25-22-19-17-15-13-11-9-7-6-5-4-3-2 aux 15 premiers à l’arrivée et de 20 à 1 aux 15 premiers du sprint intermédiaire. Classement de la montagne : de 50 à 4 points aux dix premiers au sommet du Mont Ventoux , 2-1 points et 1 point distribués au sommet de la côte de 3e catégorie et de celle de 4e catégorie. 

Le Mont Ventoux sera le théâtre de l'arrivée d'une étape de la Grande Boucle pour la dixième fois. En neuf précédents,  neuf vainqueurs ont connu l'honneur de le dompter. Parfois en y affirmant leur suprématie, parfois en profitant des circonstances et sans étendre leur domination du jour à l'ensemble de la course (voir infographie). 

Le dernier coureur à s'être imposé au sommet du Mont Chauve sur le Tour n'est autre que Christopher Froome. Deviendra-t-il le premier à réaliser la passe de deux ?

13e étape (vendredi 15 juillet) : un chrono "casse-pattes" 

Pas de bonification. Points : de 20 à 1 aux 15 premiers de l'étape.

Ce premier contre-la-montre (tardif) de 37.5 kilomètres permettra à certains grimpeurs polyvalents de cohabiter avec les spécialistes de l'effort solitaire, dans la case "favoris". Du côté des esthètes du genre : Fabian Cancellara (Trek-Segafredo), qui pour son dernier tour aura peut-être déjà tenté "le coup du kilomètre" en première semaine, aura l'occasion de conclure son histoire avec le Tour en beauté, tandis que Vasil Kiryienka (SKY) s'élancera avec le maillot arc-en-ciel et queTony Martin (Etixx Quick-Step) sera attendu comme la référence.

S'il est en forme, Tom Dumoulin (Giant), a priori venu sur ce Tour sans ambition au classement général, sera peut-être le compromis le plus efficace. Froome, Contador, Quintana, ou autre Pinot, convaincant Champion de France de l'exercice : tous auront leur mot à dire sur ce parcours vallonné, mais dont la relative longueur ne plaide pas en leur faveur.

14e étape (samedi 16 juillet) : (avant-)dernière chance pour les purs-sprinteurs ?

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : de 50 à 2 aux 15 premiers à l’arrivée et de 20 à 1 aux 15 premiers du sprint intermédiaire. 1 point au classement de la montagne distribué à chacune des trois côtes de 4e catégorie du parcours.

La dernière étape sur laquelle ils pourraient lorgner avant les Champs Elysées présente une petite difficulté (voir suite). Pour les sprinteurs qui "ne passent pas un pont", s'offrir un coude-à-coude à plus de 60 km/h sera donc très tentant. Cette journée de calme relatif pour les leaders s'inscrit dans la logique d'étalement des difficultés prôné par les organisateurs. Le répit sera de courte durée.

 

 

 

15e étape (dimanche 17 juillet) : un sacré chantier... ou une étape escamotée

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : de 20 à 1 aux 15 premiers à l’arrivée et aux 15 premiers du sprint intermédiaire. Classement de la montagne : de 25 à 2 points aux dix au sommet du col HC, de 10 à 1 aux 6 des deux "1ère catégorie", de 5 à 1 points aux quatre du "deuxième catégorie", 2 et 1 pour les deux "3e catégorie".

C'est le risque. Une telle accumulation de hautes cimes peut inspirer plus de craintes que d'idées, surtout qu'il restera d'autres possibilités. Si, dès le Col du Berthiand, un (vrai) cador est en difficulté : spectacle assuré. Si tout le monde s'accroche et personne ne prend le pari de tout miser : la journée sera longue... pour les téléspectateurs.

Encore une fois, l'état des lieux des forces en présence aura un fort impact sur les perspectives du jour. Si Froome est tout de jaune vêtu, sa garde rapprochée (Mikel Landa, Wout Poels, Geraint Thomas, Mikel Nieve etc.) pourrait bien avoir un fort pouvoir inhibiteur. 

 

 

 

16e étape (lundi 18 juillet) : une petite cote... si dur à avaler ?

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : de 50 à 2 aux 15 premiers à l’arrivée et de 20 à 1 aux 15 premiers du sprint intermédiaire. 1 point au classement de la montagne au sommet de la côte de 4e catégorie. 

Ni un mur, ni même une cote à redouter, cette petite bosse n'a pas de quoi effrayer : grimpée en deux temps, elle pourrait même ne pas influer sur la fin de course. Mais, la fatigue aidant, elle ne sera pas à sous-estimer. Donnera-t-elle des idées à des costauds capables de tenir tête à un peloton sur 1 kilomètre plat, tels que Tom Dumoulin, Petr Vakoc ou... Cancellara, peut-être inspiré par l'air suisse.

Sur le final, plus compliqué, de la première étape en ligne du Tour 2012, reliant Liège à Seraing et se terminant par une cote de 2.4 kilomètres à 4.7%, quasiment plane en son sommet, Spartacus avait attaqué en puissance. Ce jour-là, Peter Sagan, novice sur le TDF, avait gagné en profitant du sillage d'un Cancellara qui avait peu apprécié (2e) et devançant Boasson Hagen, parti à contre-temps (3e). Retrouvera-t-on les trois mêmes hommes sur le podium à Berne ?

17e étape (mercredi 20 juillet) : pentu et sans répit, un final prometteur et inédit

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : de 20 à 1 aux 15 premiers à l’arrivée et aux 15 premiers du sprint intermédiaire. Classement de la montagne : de 50 à 4 points pour les dix premiers au sommet de Finhaut-Emosson, de 10 à 1 aux 6 premiers sur le Col de la Forclaz, 2-1 sur les deux col/côte de 3e catégorie. 

 

Cette montée inédite, sur le Tour, promet beaucoup : Finhaut-Emosson c'est 10.8km à 8.4%, dont trois dernières bornes à plus de 10% et un ultime kilomètre interminable. En 2014, quand la 7e étape du Dauphiné s'était achevée par cette ascension, celle-ci avait réservé un final spectaculaire (victoire de Lieuwe Westra). Un final à l'issue duquel Contador avait signé l'un de ses "succès" les plus marquants dans son duel avec Froome.

 

 

Tout "coup de moins bien" se paiera cash sur cette étape, tant son épilogue est brutal.

18e étape (jeudi 21 juillet) : de quoi se régaler... si le suspense a su perdurer

Pas de bonification. Points : de 20 à 1 aux 15 premiers de l'étape.

Avec un classement encore serré, cet affrontement seul(s) à seul(s), sans que les équipiers ne puissent interférer, pourrait être passionnant. Surtout que sur la Grande Boucle, les chronos en cote ne sont pas légion - le statut de celui-ci peut d'ailleurs se discuter, avec sa portion plane au début et son final descendant. 

Dernier spécimen : le CLM de l'Alpe d'Huez en 2004, dominé de la tête et des épaules par Lance Armstrong (plus d'une minute d'avance sur Ullrich). 

Eh si une grosse cote tirait son épingle du jeu ? A la manière d'Alexander Foliforov sur le Giro. 

19e étape (vendredi 22 juillet) : une dernière montée à attaquer pied au plancher 

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : de 20 à 1 aux 15 premiers à l’arrivée et aux 15 premiers du sprint intermédiaire. Classement de la montagne : de 20 à 2 points pour les six premiers, au sommet de Saint-Gervais Mont Blanc. De 25 à 2 pour les dix premiers au sommet de la Montée de Bisanne. De 10 à 1 point pour les six premiers au sommet du Col de la Forclaz de Montmin (1ère catégorie). De 5 à 1 pour les quatre premiers au sommet du Col de la Forclaz de Queige (2e catégorie). 

 

 

 

Encore du nouveau, et cette fois de A à Z. En plein cœur de cette étape "toute neuve", la montée de Bisanne (HC) - notamment sa deuxième partie - fera mal aux jambes... mais risquerait de se monter piano vu sa position, loin de l'arrivée (49.5 kilomètres à parcourir au sommet). L'ascension en direction de Saint-Gervais Mont Blanc devrait au contraire être entamée à "vitesse grand v". Avec un premier kilomètre à près de 13%, suivi de deux autres quasiment du même acabit, cette dernière montée ne laissera pas de place pour une mise en route progressive. 

 

 

 

20e étape (samedi 23 juillet) : gare à la peur des vallées 

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : de 20 à 1 aux 15 premiers à l’arrivée et aux 15 premiers du sprint intermédiaire. Classement de la montagne : de 25 à 2 points aux dix premiers du Col de Joux Plane, de 10 à 1 aux six premiers des deux "1ère catégorie", de 5 à 1 aux quatre premiers du "2e catégorie". 

A quel point l'enjeu sera-t-il encore prégnant ? Si le maillot jaune n'a pas encore choisi son camp cette étape courte et nerveuse a le potentiel pour nous tenir en haleine. 

Seul problème : les vallées d'une quinzaine de kilomètres intercalées entre les trois derniers cols. Pour une offensive de grande envergure, il faudra envoyer des éclaireurs. 

Les deux derniers Grands Tours ont basculé la veille de leur arrivée (Aru renversant Dumoulin sur la Vuelta 2015 et Nibali dépassant Chaves sur le Giro 2016). Le Tour de France leur emboîtera-t-il le pas ?

21e étape (dimanche 24 juillet) : l'Allemagne encore à l'honneur ?

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : de 50 à 2 aux 15 premiers à l’arrivée et de 20 à 1 aux 15 premiers du sprint intermédiaire.1 point pour le classement de la montagne au sommet de la côte de 4e catégorie. 

Combien seront encore là ? Contrairement au Giro, souvent déserté en cours de route depuis quelques saisons, le TDF est rarement quitté (sciemment) avant son terme par les meilleurs sprinteurs. Si l'avènement de Sagan a rendu minime - car quasi illusoire - l'enjeu de l'obtention du maillot vert, celui d'inscrire son nom sur la célèbre avenue des Champs-Elysées reste prégnant. 

Un temps, Cavendish fut le maître des lieux (quatre victoires de suite entre 2009 et 2012) mais l'épilogue du Tour est maintenant sous pavillon teutonique. Kittel, par deux fois (2013, 2014) puis Greipel l'an passé, ont pris la main... et ont tout pour la garder. A condition d'être toujours en course, ce qui ne sera certainement pas le cas du Cav', qui lorgne sur Rio (piste aux JO). 

Enfin, Vinokourov reste le dernier audacieux à avoir devancé le peloton à Paris (2005). A force de ne plus attendre son successeur... celui-ci finira bien un jour par se manifester. 

Le Tour de France s'élance aujourd'hui. Comme chaque année, on se plaît à l'imaginer exceptionnel, on se prête au jeu d'en identifier les moments-clé, avec, au fond de nous, l'espoir de nous tromper.

Le plus beau des parcours est celui que l'on n'arrive pas à cerner. 

Simon Farvacque

Startlist : http://www.procyclingstats.com/race/Tour_de_France_2016_Startlist

 

Règlement http://netstorage.lequipe.fr/ASO/cyclisme/le-tour/2016/reglement/TDF16_Reglement_BD.pdf

 

 

Autres sources : 

http://www.ledicodutour.com/villes_etapes/villes_v/ventoux.htm

http://www.letour.fr/le-tour/2016/fr/

Publié le 02.07.2016