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La flotte française, touchée mais pas coulée

Aux championnats d’Europe de Natation, qui ont débuté hier par les premières courses en eau libre et épreuves de natation synchronisée, la France remet en jeu son titre honorifique de meilleure nation européenne acquis lors des derniers Jeux Olympiques. La délégation française se présente certes affaiblie, privée de certains des éléments qui ont fait sa renommée durant les dernières années, mais non sans ambitions.

Dès l’ouverture de la compétition, qui se déroule à Berlin, la moisson de médailles a failli commencer : Aurélie Muller, vice-championne du monde du 5km en 2011, a échoué au pied du podium du 10km (4e à moins d’une seconde de la 3e). Dans ce domaine, chez les hommes, Damien Cattin-Vidal, 4e des Mondiaux 2013, portera en lui les espoirs tricolores sur le 10 km masculin.

A priori promises, au mieux, aux places d’honneurs, les Françaises engagées en natation synchronisée tenteront d’emmagasiner de l’expérience dans l’optique des Jeux Olympiques 2016. En ce qui concerne les épreuves de plongeon, Mathieu Rosset, sur plongeoirs de 1 et 3 m (où il est respectivement médaillé de bronze et champion en titre) et Laura Marino, en plongeon synchronisé à 10m, sont les principales têtes d’affiche hexagonales.

Pour les courses en bassin (du 18 au 24 août), dans lesquelles les Bleus ont pris l’habitude de briller depuis une décennie, la sélection française présente, bien qu’amputée de certains bons éléments, de sérieux arguments.

Des valeurs sûres

Yannick Agnel (22 ans, mais déjà très expérimenté), champion du monde et olympique en titre sur 200 m nage libre, tentera de remporter son premier sacre européen sur la distance. Distance sur laquelle il est en tête des bilans continentaux. Il sera également candidat à l’or sur 400 m nage libre course qu’il avait remporté lors des Championnats d’Europe 2010 (il était absent en 2012).

Florent Manaudou, l’un des héros des Jeux londoniens en 2012 (Champion Olympique sur 50 m nage libre) a vécu une saison 2013 plus compliquée, ne remportant aucune médaille individuelle lors des  Mondiaux. Pour renouer avec le succès, il jouera au stakhanoviste en s’alignant sur 50 et 100 m nage libre, 50 m papillon, 4 X 100 m (libre) et 4 X 100 m (4 nage). Partout, il visera au moins le podium.

La polyvalence, avec ses inconvénients, est une problématique encore plus présente à l’esprit de Jérémy Stravius : du dos, au papillon en passant par le crawl il ne manque pas de corde à son arc. Avant tout dossiste, il se consacrera sur ces championnats aux 50 et 100 m dos dont il détient les 3e et 4e temps de la saison au niveau européen.

Coralie Balmy quant à elle, peut légitimement envisager la finale sur 400m nage libre (9e temps) voire plus sur 800m (6e temps). Celle qui collectionne 3 titres européens en individuel, un en 2012 (tenante du titre sur 400m) et deux en 2008 (petit bassin), fait figure d’ancienne au sein d’une équipe de France qui déplorera l’absence de certains des membres les plus charismatiques de son passé récent. 

Des absents de marque

Amaury Leveaux, déjà présent aux Europe 2004, rarement titré en individuel au niveau international mais pièce importante des différents relais bleus a mis un terme à sa carrière en fin de saison dernière. Dans la continuité du départ d’Alain Bernard (qui a tiré sa révérence en 2012), c’est tout le sprint français qui poursuit sa mue. Mais Leveaux n’est pas le seul à manquer à l’appel berlinois.

Camille Lacourt a déclaré forfait, insuffisamment remis d’une blessure à la hanche. Lui qui fut co-champion du monde 2011 du 100 m dos (avec Stravius) avait retrouvé ses sensations l’an dernier (titre mondial sur 50 m dos) après des JO 2012 très décevant. Un échec olympique auquel sa notoriété croissante n’était peut-être pas étrangère… car soirées showbizz et records dans les bassins ne font pas bon ménage.

En effet, la natation ne laisse pas beaucoup de place à la distraction. C’est un sport exigeant physiquement mais aussi et surtout mentalement. Ainsi, si Camille Muffat a décidé il y a un mois de mettre un terme à sa carrière (à seulement 25 ans), évoquant un différend avec son entraîneur, c’est sans doute dû en partie à l’usure psychologique qui découle de l’immense investissement personnel que lui demandait sa pratique sportive. Toujours est-il que l’absence de la double-championne olympique (200 et 400 m nage libre) laisse un vide qu’il sera difficile de combler.

Des jeunes prometteurs

C’est Charlotte Bonnet qui, du haut de ses 19 ans, se voit propulsée sur le devant de la scène. Dauphine de Muffat sur 100 et 200 m aux France, elle ne pourra sans doute pas espérer mieux qu’une place en finale (13e et 8e temps).

Mehdy Metella, 22 ans, espère quant à lui repartir des Europe avec au moins une breloque. Il est engagé sur 50 et 100 m en papillon et sur 100 m nage libre. Triple médaillé aux derniers championnats de France (dont un titre), Metella est en constant progrès comme en témoigne Romain Barnier (entraîneur de l’équipe de France), qui reste malgré tout évasif sur l’étendue de cette progression : « S'il nage au niveau de ce qu'il est en train de faire aux entraînements ça va être beaucoup plus rapide que dans le passé ».

En plus de ses nageurs attendus, certains novices auront l’occasion de faire leurs preuves à haut niveau car sur l’ensemble des 43 sélectionnés pour les courses en bassin, nombreux seront ceux qui honoreront leur première cape internationale.

Un statut d’outsider

La superbe performance réalisée par la natation française lors des derniers Jeux Olympiques ne doit pas masquer l’échec relatif qu’elle avait rencontré lors des Championnats d’Europe 2012 (certes « secondaires » par rapport aux JO) en terminant 4e au tableau des médailles. Ainsi, qui plus est délesté de certains de ses meilleurs éléments, le collectif tricolore s’avance globalement en outsider face  à des nations comme la Russie ou la Hongrie qui présentent peut-être moins de champions susceptibles de s’imposer face au gotha mondial, mais une plus grande densité de nageurs de bon niveau à l’échelle continentale.

Cependant, à défaut de s’imposer en favorite incontestée,  l’équipe de France affiche un visage conquérant et peut espérer un bilan satisfaisant.

Saura-t-elle surfer sur la vague d’un succès qu’elle perpétue depuis une dizaine d’années ?

Farvacque Simon

Calendrier des Championnats d’Europe de Natation :

http://www.francetvsport.fr/championnats-d-europe-de-natation/calendrier-du-13-08-2014

Sources :

Journal l’Equipe du 13/08/2014

http://www.francetvsport.fr/championnats-d-europe-de-natation/agnel-et-manaudou-en-tete-de-file-238441

http://www.lequipe.fr/Natation/AussiFicheAthlete11000000000024934.html

http://www.lequipe.fr/Natation/AussiFicheAthlete11000000000024831.html

http://www.lequipe.fr/Natation/AussiFicheAthlete11000000000024907.html

http://www.lequipe.fr/Natation/AussiFicheAthlete7000000000024176.html

http://guyane.la1ere.fr/2014/08/12/mehdy-metella-vise-la-medaille-pour-les-championnats-d-europe-175498.html

 

Publié le 14/08/2014