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La mascarade aura duré six jours



Thomas Savare (président du Stade Français) et Jacky Lorenzetti (président du Racing 92), le lundi 13 mars 2017, lors d'une conférence de presse surréaliste. Photo Thomas Sanson - AFP 

"Je renonce au rapprochement avec le Stade Français Paris, en accord avec Thomas Savare." Si seulement Jacky Lorenzetti avait remplacé cette jolie virgule par des points de suspension, feignant d'oublier son pseudo-associé qui n'était autre qu'un potentiel vendeur, il aurait au moins eu le mérite d'être drôle. 

Par ce communiqué , le président du Racing 92 a sonné le glas d'une "fusion" qui, durant six jours, aura animé le rugby français. Qui l'aura un peu ridiculisé, aussi. Au gré des menaces de grève des joueurs, de la pression  des groupes de supporters et du scepticisme des institutions, la crédibilité de ce projet en bois n'aura eu de cesse de se déliter. Continuellement. Elle qui, pourtant, n'était pas bien solide dès le tremblement de terre du lundi 13 mars.

Le plus beau des symboles de son hérésie originelle ? Cette suggestion de Jacky Lorenzetti, lors de la conférence de presse visant à présenter ce calembour au moyen cours, qui n'aura fait rire personne : "Le Racing a une affluence moyenne de 8 000 spectateurs, le Stade Français en a une de 12 000. Nous pouvons donc envisager de tourner à plus de 20 000." Le tout simultanément au déversement de tristesse, d'incompréhension, de rage et de bien d'autres sentiments joyeux sur les réseaux sociaux d'une grand part des fameux 20 000 fidèles sur lesquels il comptait. Ou faisait semblant de compter. 

Même avec beaucoup de bonne volonté, il pouvait difficilement paraître plus déconnecté de la réalité. Annoncer fièrement qu'avec 85 points, le Racing Stade Français Paris 92 prenait virtuellement la tête du Top 14, n'aurait peut-être même pas suffi. 

Simon Farvacque 


Quid de l'avenir du Stade Français ? "Pas de décision dans l'émotion" , selon Savare.