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Nicolas Batum : année charnière... bis repetita

En 2015, le polyvalent ailier français arrivait en fin de cycle. Ses sept ans dans l’Oregon, à Portland, s’étaient achevés par une dernière saison décevante. Au sein de la franchise des Charlotte Hornets, il voulait se relancer, prendre une autre dimension, de nouvelles responsabilités. Défi en passe d’être relevé… et de laisser place à un choix cornélien.

Discret ce vendredi (victoire 98-95 chez les Bucks), Nicolas Batum a vécu une remise en jambe « post-All Star break » assez compliquée. Il n’a scoré que 7 unités (à 3/11), saisissant 5 rebonds, distribuant 2 passes décisives et administrant, tout de même, 3 contres. Il reste assez irrégulier, comme l’illustre ses statistiques (points et pourcentage de réussite au shoot) lors des cinq dernières rencontres (voir graphique), mais il a véritablement franchi un cap. 

Statistiques : http://espn.go.com/nba/

Quantitativement, son bilan est bon. Lui qui a toujours brillé par sa palette complète, continue de se distinguer par la pluralité de ses talents (infographie suivante).

Une polyvalence qui fait sa force

Des blocks aux rebonds en passant par le scoring ou la passe : il est partout. Sa présence aux quatre coins du terrain est précieuse, pour une équipe des Hornets en course pour les PO (7e de la Conférence Est avec 51,9% de succès – 28V-26D). 


(En saison régulière, source : http://espn.go.com/nba/player/stats/_/id/3416/nicolas-batum)

Une omnipotence qui s’exprime notamment par son leadership au rebond… où il est le plus présent de sa franchise, avec 6.5 prises, en moyenne, par rencontre (à égalité avec Marvin Williams). Une statistique qui fait d’ailleurs de Charlotte l’unique formation-NBA à ne compter aucun joueur à 7 rebonds ou plus.

Les Frelons de Caroline du Nord ont changé de visage cet été (effectif renouvelé à hauteur de 50%), en reconstruction autour du duo Kemba Walker - Al Jefferson. Objectif : scorer plus. Avec 94.2pts marqués en moyenne, l’équipe de Charlotte faisait partie des trois moins productives de la ligue en 2014/2015, restant a contrario assez imperméable (97.3 pts encaissés). Elle a su opérer sa mue efficacement, offrant des rencontres au tableau d’affichage plus fourni, et équilibrant avantageusement la balance (102pts pour/100.8 contre).

L’apport de Nicolas Batum, séduit par l’intérêt d’un certain Michael Jordan*, dans la stabilisation de ce nouvel édifice voulu plus attractif, est passé par un changement de poste.

Marche arrière… toute !

En effet, en glissant de l’aile à l’arrière, le joueur français était amené à briller en attaque, à prendre plus le jeu à son compte, que lors de ses années-Blazers (bien qu’il conserve plusieurs registres d’action, comme évoqué précédemment). Les blessures de Michael Kidd-Gilchrist (épaule droite), ailier et excellent défenseur, pouvaient contrarier le plan de Steve Clifford (coach) : il n’en est rien. Sur les 45 rencontres jouées par Batum, 42 l’ont été au poste d’arrière, 3 seulement à celui d’ailier. Résultat : à défaut d’être LE franchise player (Walker marque 20.6 Points Per Game), Batum est devenu un joueur majeur, grâce notamment à son apport offensif. Il se définit lui-même comme un « leader dans la création du jeu » (record d'assists en vue, avec une moyenne de 5.5), tout en insistant sur le fait que la réussite des Hornets repose sur une cohérente répartition des rôles : « celui qui ressort lorsqu’on a besoin de marquer, c’est Kemba (…) mais chacun à son rôle (…) ça marche comme ça chez nous  ». 

Son temps de jeu, en dépit de douleurs à l’orteil lors des deux derniers mois, mais surtout ses nombreuses prises d’initiative au tir, témoignent de l’évolution du Français. Cette saison, « Nico » prend plus de 12 shoots par match (moyenne) : une première pour lui ! Ramené à sa présence sur le terrain, il dégaine ainsi 0.35 fois par minute, un ratio qu’il n’avait plus atteint depuis 2011/2012 (0.36). Infographie ci-dessous.  



(En saison régulière, source : http://espn.go.com/nba/player/stats/_/id/3416/nicolas-batum)

Plus de ballons passent par ses mains, ce qui se répercute sur toute sa ligne de stat’, non seulement positivement… mais aussi à son relatif discrédit.

Revers de la médaille

Avec, pour l’instant, une moyenne de 3.2, il concède plus de turnover que lors des saisons précédentes. Autre symbole, moins glorieux, de l’importance qu’il a dans son équipe. Ainsi, Batum tente plus, marque plus et… perd plus de balles qu’avant. Au shoot aussi, son pourcentage est correct, mais sa part d'échecs conséquente : il a déjà été plus précis (illustration ci-dessous).


Statistiques : http://espn.go.com/nba/

Cette activité débordante qui, malgré un léger déchet, se conjugue avec de très bons états de service, va-t-elle lui permettre de s’inscrire dans la durée au sein de la franchise de Michael Jordan ? Possible… mais d’autres perspectives pourraient s’offrir à lui.

Nouvelle opportunité ?

L’arrivée de Courtney Lee cette semaine permet à Charlotte d’élargir encore sa menace offensive. De quoi retrouver les PO (11e de Conférence Est l’an dernier) – et y briller ? – ce qui constitue la priorité de Batum. Mais le joueur de 27 ans, free agent cet été, s’apprête à être confronté à un nouveau dilemme concernant son avenir. Plusieurs facteurs économiques promettent une intersaison de la démesure  et pourraient donc accoucher de propositions intéressantes.

Les Hornets s’aligneront-ils en cas d’offre de contrat astronomique ? Batman se plait-il suffisamment dans son nouveau costume de « chef d’orchestre », pour ne pas envisager de départ ? Est-il capable de (et souhaite-il) devenir LA figure de proue d’une franchise, autour de laquelle ses coéquipiers se polarisaient ?

Toutes ces questions restent en suspens : Nicolas Batum vit bien une saison charnière, mais la prochaine le sera peut-être tout autant dans sa carrière.

Simon Farvacque

*http://www.lequipe.fr/Basket/Actualites/Nicolas-batum-charlotte-hornets-michael-jordan-essayait-de-m-avoir-depuis-cinq-ans/602896

 

Article publié le 21.02.2016