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Ils l'ont fait !

Passionnée, passionnante : c'était l'affiche des quarts de finale de l'Europa League. Le Liverpool FC a éliminé le Borussia Dortmund, à l'issue d'une double confrontation à l'épilogue haletant, qui a tenu toutes ses promesses.

Anomalie. Non, ces deux matchs ne devaient pas se jouer un jeudi ! Dans les tribunes comme sur le terrain, flottait le parfum des grandes rencontres européennes. Le retour de Jürgen Klopp sur les terres qui ont fait sa renommée, deux des publics les plus réputés du continent (qui ont prouvé que ce statut n'était pas usurpé)des clubs qui ont déjà étreint la Coupe aux grandes oreilles et des joueurs attractifs (Aubameyang, Reus, Coutinho etc.) : tous les ingrédients étaient réunis pour un quart de finale de C3... digne de la Ligue des Champions. Le duel entre Dortmund et Liverpool s'est montré à la hauteur des attentes qu'il avait suscitées. 

Les Reds frappent les premiers

A l'aller, dans leur antre du Signal Iduna Park, les joueurs du Borussia dominent globalement l'entame de match (Marco Reus s'essaie à l'orée de la surface de réparation, tout comme Julian Weigl après une grosse occasion d'Henrikh Mkhitaryan, contré au point de pénalty par un Mamadou Sakho très présent). De leur côté, ceux de la Mersey se montrent dangereux par de longs ballons adressés à Divock Origi, préféré à Daniel Sturridge. Esseulé, l'attaquant belge joue de son gabarit pour servir de point d'appui, sans trouver l'ouverture. Pour l'instant. 

Pas de but, donc, après vingt minutes, mais les contacts sont rudes, les interventions tranchantes et les deux équipes dans le rythme. Témoin de cette intensité : Dejan Lovren "pique" sa tête sur un coup-france de James Milner, puis percute Roman Weidenfeller, le gardien allemand, qui n'avait capté le ballon qu'en deux temps. Le portier de Dortmund reste au sol. Le jeu est arrêté plusieurs minutes et la rencontre peine à se décanter. Une erreur d'appréciation va l'y aider (voir illustration ci-dessous).

Milner demande le ballon dans l'espace, et Alberto Moreno lui adresse une passe lobée (1). Alors que Mats Hummels est au duel avec le milieu anglais, Sven Bender anticipe et tente d'intervenir (2). Il se rend compte qu'il est trop court et son capitaine est battu. Trop tard pour reculer (3). Origi récupère le ballon dont la trajectoire a été prolongée par Milner (4). Puis, efficace, il marque d'une frappe en pivot, avec talent et réussite (tir légèrement dévié). Sans réussir à prendre la mesure de son adversaire du soir, Liverpool prend la main (0-1, 36e min). Mkhitaryan, joueur clé 

Avant d'encaisser le premier but de la rencontre, Dortmund avait réussi à mettre en difficulté l'arrière-garde anglaise. Principal instigateur du désordre créé : Henrikh Mkhitaryan, par son placement. Meneur de jeu chargé de se démarquer dans cette opposition de 4-2-3-1 (comme Coutinho, son alter ego), il a souvent été trouvé "entre les lignes", péchant à la conclusion (34e min photo 1), quand Aubameyang, ne s'en chargeait pas, d'une frappe trop molle à la 36e minute (2), puis en se faisant contrer dans les arrêts de jeu (à 0-1). 

Quelques secondes plus tard, Origi, parfaitement lancé, par un Moreno décidément inspiré, perd cette fois son face-à-face avec Weindenfeller. Sur l'ultime action de la première période, les Reds auraient pu faire le break. 

Dès le retour du vestiaire, le Borussia, ne manque pas l'occasion de recoller. Mkhitaryan, encore lui, joue un corner en deux temps puis centre pour Hummels, lancé à 6 mètres du but dans la défense "en zone" de Liverpool. Le coup de tête du capitaine de Dortmund, à bout portant, est imparable pour Simon Mignolet (1-1). 

La réponse de Liverpool est immédiate, mais le Weindenfeller est impérial à trois reprises en moins d'une minute (51-52e), dont deux fois face à Coutinho, d'abord habilement décalé par Adam Lallana suite à une belle action collective. La dernière demi-heure est moins enlevée et Dortmund concède le match nul (1-1) à l'issue d'un premier round équilibré. 

Liverpool pris à la gorge 

Au coup d'envoi du match retour, c'est donc Liverpool qui est en position de qualifié... et Dortmund qui met la pression, d'entrée : Aubameyang, du pied gauche, tire de peu à côté (3e min). Quelques secondes plus tard, suite à une mésentente des Anglais (perte de balle de Coutinho), le Borussia contre-attaque et son avant-centre gabonais, par dessus la défense, est trouvé. Mignolet s'interpose, mais Mkhitaryan a bien suivi et conclut (0-1, 5e minute). Les Allemands repassent, déjà, devant. 

La réaction de Liverpool est timide... et c'est au contraire Dortmund qui enfonce le clou. Marco Reus slalome entre trois adversaires puis sert parfaitement son attaquant de pointe dans la profondeur. Aubameyang décoche une frappe surpuissante, en pleine lucarne ! Le début de match cauchemardesque des Reds se poursuit (0-2, 9e minute). 

Trois buts à marquer. Le défi est immense pour les locaux. Origi place une première banderille (17e min), contré, Moreno tente une difficile reprise de volée, dévissée... mais le réveil a enfin sonné. Quelques minutes plus tard, Lallana, du point de penalty, pivote et s'apprête à ouvrir le compteur des siens. C'est à cause de son propre pied d'appui, que le ballon le fuit : Liverpool, qui fait le siège du but allemand, pèche par maladresse. 

Le rythme est effréné, ni Origi (24e min), ni Firmino (26e) ne "scorent", tandis qu'Aubameyang rate le K.O par trois fois : 25e, bon retour de Sakho ; 32e, sortie de Mignolet puis 35e, centre en retrait de Reus un peu trop appuyé. 

Dans les derniers instants de la première période, la domination de Liverpool s'affirme mais reste stérile. Coutinho n'est pas plus précis qu'Origi. Les Reds auront quarante-cinq minutes pour signer un exploit majuscule.

Dès la reprise, l'attaquant belge trompe Weindenfeller (1-2, 48e minute)! Le stade s'enflamme et la perspective d'une fin de match explosive reprend du crédit. 

Lovren-Sakho charnière d'attaque 

Coutinho efface Hummels d'un grand pont mais la tour de contrôle allemande le retient : carton... jaune, malgré la clameur du public. Depuis le but d'Origi, l'ambiance ne cesse de monter. Marco Reus se charge de la tempérer, d'une frappe de l'intérieur du pied, suite à une passe parfaitement dosée par... Hummels (1-3, 57e minute).

Le coup pour Liverpool est-il trop dur à encaisser ? Coutinho suite à un une-deux avec Milner trouve le petit-filet (2-3, 65e minute) : non, les Reds n'ont pas abdiqué ! Sturridge, entré en jeu quinze minutes auparavant, cherche Origi. Imprécis (70e). Les cafouillages s'enchaînent dans une défense allemande de moins en moins sereine... et c'est Sakho qui marque ! Klopp exulte (3-3, 77e minute). Un but, seulement, et Liverpool renverserait ce match fou. Lovren essaie l'impossible : une volée "à la Van Basten", qui finit dans les tribunes (84e). Quelle erreur. Ou plutôt, quel génie! Car c'est bien lui, Dejan Lovren qui marque d'un coup de tête IMPARABLE, sur un centre d'une justesse absolue de James Milner (4-3, 91e minute). Des joueurs aux travées en passant par le banc, Liverpool est dans un état second... quand Gündogan lui fait une ultime frayeur. Son coup-franc échoue à quelques centimètres du but de Mignolet. C'est fini, Anfield peut fêter ses héros, qui se qualifient pour les demies de l'Europa League. 

L'Histoire européenne du Liverpool FC est émaillée de matchs épiques (finales de la C1 2005, de la C3 2001). En cette soirée du 14 février 2016, les Reds en ont écrit une nouvelle page. 

Simon Farvacque