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NBA : Faire le ménage, est-ce un bon présage ?

En finale de la Conférence Est NBA, les Cleveland Cavaliers mènent 2-1 face aux Toronto Raptors, avant le quatrième match dans la nuit de lundi à mardi, dans l'Air Canada Centre. LeBron James et ses coéquipiers ont perdu leur première rencontre depuis le début des Play-offs, ce samedi. Ils ne vont pas "sweeper" (balayer) un troisième adversaire d'affilée, pendant que leurs potentiels rivaux pour le titre, Oklahoma City et Golden State Warriors, ont déjà subi quatre revers chacun en phase finale - pour l'instant, OKC est devant (2-1), avec l'avantage du terrain. Ce premier accroc... est-ce une si mauvaise nouvelle pour LBJ and co? Faire le ménage en enchaînant les coups de balai, disputer peu de matchs jusqu'à l'épilogue, n'augure pas toujours d'une bague au doigt. Loin de là.

LeBron James, sacré "sweeper", ici sous les couleurs du Heat 

Cavalier seul. Les Cavs se promenaient dans la Conférence Est (10/10, écart moyen : 13,2 points), pendant qu'Oklahoma City et Golden State se montraient moins inflexibles. Mais ça, c'était avant. Avant que les Raptors ne les refroidissent, enfin, ce week-end (99-84, 32 points de DeRozan et 26 rebonds de Biyombo). Ils restent les grands favoris de cette finale de conférence et n'ont toujours pas puisé dans leurs réserves physiquement (quelques victoires serrées, certes) ni, surtout, perdu beaucoup d'influx nerveux.

S'ils se qualifient pour les NBA Finals comme leur effectif pléthorique et leur dynamique le laissent entendre, les joueurs de l'Ohio peuvent-ils tirer profit de cette situation ? Une promenade de santé est-elle une préparation idéale ? Fraîcheur physique contre manque de rythme. Confiance accumulée face à déficit d'intensité. Les éléments de la balance avantage-inconvénient sont connus. Rarement, ces dernières années, les critères évoqués ne l'on fait pencher vers le positif. 

Rareté 

La franchise des Los Angeles Lakers est la dernière à avoir remporté le titre de Champion NBA en arrivant en finale avec moins de défaite en PO que son adversaire. C'était en 2010, lorsque les Angelinos avaient triomphé de leurs ennemis intimes, les Boston Celtics. Les LAL sont également les derniers à avoir atteint ce stade de la compétition avec un zéro pointé dans la case "échec" (les Cavaliers ne leur succéderont donc point). Ils avaient alors, en 2001, étrillé 4-1 les 76ers éreintés (restant sur deux duels en 7 matchs) d'un MVP isolé, Allen Iverson, qui ne pouvait rien face au duo Bryant-O'Neal. Mais au-delà du contexte, l'opposition paraissait déséquilibrée et le rapport de force incomparable à celui qu'entretiendront en cas de qualification, Irving-Love et James avec un GS record (73-9 en saison régulière) ou un Thunder qui en serait venu à bout. 


NBA Finals 2008 : Contrairement aux apparences, Kobe ne survole pas l'événement. Les Celtics (vainqueurs 4-2) deviennent Champions NBA en perdant beaucoup plus de matchs de PO que les Lakers (10 contre 7).

Dénouement bien différent en 2008, lorsque ces mêmes LAL se présentent dans la dernière ligne droite sans aucun game 7 au compteur (3 défaites au total)... face à eux, les Celtics (évidemment) ont galéré (8 revers, deux matchs "quitte ou double") notamment face aux Cavs d'un certain LBJ en finale de conférence. Résultat, le Boston du monstre tricéphale KG-Allen-Pierce laisse les Lakers de Kobe et Pau Gasol à 14 bagues et grimpe à 17 (4-2). 

Spurs vs Heat, à qui perd gagne 

Dans la même veine, les San Antonio Spurs de 2013 sont en mode rouleau compresseur. Parker, Ginobili, Duncan et Leonard piétinent les Lakers au premier tour et les Grizzlies en finale de Conférence Ouest (4-0). Entre temps, ils ont été à peine moins souverains face aux Warriors d'un prometteur, mais bien tendre, Stephen Curry (4-2). Les Miami Heat eux, ont fait état de leur force de frappe (4-0 contre les Bucks, puis 4-1 contre les Bulls) avant de rencontrer de grandes difficultés à l'heure de se défaire des Pacers du MIP de la saison (titre auquel Curry pouvait aussi prétendre) : Paul George. Quand ils finissent par s'imposer à Indiana, les Spurs les attendent déjà de pied ferme depuis une semaine. 

Si ce dernier acte se joue en sept matchs, la fraîcheur des joueurs de San Antonio pourra-t-elle payer face au trio James-Allen-Bosh ? Non, les Texans échouent cruellement (mythique égalisation de Ray Allen lors du 6e match). Ils prendront leur revanche, l'année suivante, en 2014... après avoir beaucoup plus galéré que les Floridiens pour atteindre la dernière marche de la Ligue (comptant 6 défaites contre 3 et passant notamment tout près de la correctionnelle face à Dallas, au premier tour). 

Globalement, sur cette période du début de XXIe siècle (quinze titres attribués depuis 2001), le sacre est revenu sept fois à l'équipe qui avait disputé le plus de rencontres pour atteindre la finale contre cinq fois à celle qui avait été la plus expéditive (trois fois "même bilan"). Et l'écart est plus impressionnant (4-1) depuis 2010 (voir tableau ci-dessous).


Bien sûr, la période choisie est courte et arbitraire, et ce constat mathématique tient autant - si ce n'est plus - de l'adversité rencontrée sur la route de la finale, que d'un réel lien de cause à effet, mais peu jouer jusqu'à l'ultime tête-à-tête, ces temps-ci, semble plus dangereux que profitable. 

La défaite des Cavs tombe donc, peut-être, à pic pour eux... à condition qu'ils réagissent lors du Game 4, car Toronto n'a pas dit son dernier mot. Les Raptors ont gagné leurs deux premières séries 4-3, au bout du suspense. 

Et cela n'a rien d'un mauvais présage. 

Simon Farvacque