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Alain Portes : « Je ne ferai pas du PSA »

Alain Portes : "Je ne ferai pas du PSA" 
Le Championnat du Monde de handball féminin 2015 débute aujourd’hui (5-20 décembre), au Danemark. L’équipe de France l’aborde en outsider. Dans quel état d’esprit ?

La Méthode Coué ? Très peu pour lui. Alain Portes, sélectionneur de l’équipe de France de handball féminin se refuse à évoquer un épilogue glorieux. Contrairement à Philippe Saint-André, qui déclarait participer à la Rugby World Cup 2015 « … pour être champion du monde », il ne clame pas son ambition.

Prudence

Les discours des deux hommes se rejoignent pourtant en un point : l’inusable « impossible n’est pas français ». Quand PSA estimait son groupe « capable de gagner, comme de perdre, contre toutes les Nations », Portes annonce « on n’est pas supérieurs (…) mais, sur un match, on peut toutes les battre ». L’incertitude qui plane sur le résultat de la compétition qui s’ouvre aujourd’hui semble cependant plus prégnante que celle, timide, qui tentait de faire de l’ombre aux All Blacks.

En effet, entre le Brésil (tenant du titre), la Norvège (son prédécesseur, vainqueur du Championnat d’Europe 2014), la Russie (épouvantail des années 2000 qui regagne du crédit) etc. impossible de dégager un favori. De plus – comme Portes le précise « C’est passionnant parce que c’est très ouvert » – le panel d’équipes susceptibles de l’emporter paraît plus large. La formation française peut-elle se targuer d’en être ?

Progression

Quart de finalistes battues d’un point lors des Jeux Olympiques 2012, éliminées durant le tour principal de l’Euro, dans la foulée, sixièmes au Mondial 2013, cinquième à l’Euro 2014 : depuis quelques années, les Bleues touchent du doigt l’excellence… qui se refuse à elles.

Intégrer le dernier carré d’une grande compétition internationale couronnerait (partiellement… voire totalement, en cas de titre) ce que Portes, chef de file des deux dernières campagnes, considère comme une évolution positive : « on a un vécu commun, désormais, qui fait que l’on maîtrise plus de choses. Cela n’a rien à voir avec le Mondial d’il y a deux ans ».

Pour ce faire, l’équipe de France misera sur sa défense, solide (à l’image d’Amandine Leynaud, gardienne titulaire, et Nina Kanto, inamovible), et sur sa capacité à varier, à déstabiliser l’adversaire via les appuis de ses jeunes joueuses, très toniques (Grâce Zaadi, Estelle Nze-Minko, Gnonsiane Niombla).   

Point faible ?

Dans cette variation offensive, Portes compte sur Béatrice Edwige, pivot qui participera à son premier tournoi majeur, pour apporter une menace différente par sa taille (1m82) et son énergie, mais il déplore un manque majeur : « on n’a pas de joueuses très fortes physiquement (…) des shooteuses de loin ». Dans ce registre, Mariama Signaté, non-retenue, aurait été précieuse.

Une puissance au tir dont Allisson Pineau, du centre du terrain, ou encore Siraba Dembele (capitaine), de son aile, devront faire preuve, au moins ponctuellement, pour éviter un jeu placé stéréotypé. Leur talent permet d’espérer un tel apport.

Ainsi, sans devenir un atout, ce facteur plutôt handicapant pourrait n’être que faiblement impactant pour un groupe-France dont l’homogénéité sera testée.

Plan de bataille

Bien que Portes ne tire pas de plan sur la comète, il en établit un, pour aller loin : « On va essayer de gagner les matchs en gérant l’effectif, en impliquant toutes les joueuses. C’est trop dur, s’il faut aller au bout, neuf matchs en quinze jours. ». La répétition des efforts pourrait être difficile à encaisser, surtout pour cette sélection dont l’aspect juvénile (neuf membres sur dix-huit ayant 25 ans ou moins, voir annexes) est une force autant qu’une faiblesse.  

Mais pour être confrontées à cette complexité, les joueuses de l’équipe de France devront « sortir » de leur groupe très relevé (Brésil, Corée du Sud et Allemagne notamment), en terminant à l’une des quatre premières places de ce dernier. C’est aujourd’hui (contre des Allemandes à qui elles doivent une « revanche »*, 18h15), qu’elles entament leur potentiel marathon… à elles de ne pas en faire une course de demi-fond.  

Simon Farvacque

 

*Pourtant déjà éliminée, l’Allemagne avait poussé la France au match nul (24-24), lors du précédent Euro, compliquant le reste de son parcours. Plus d’informations dans le résumé de la compétition : « Entre frustration et satisfaction, bilan d’un Euro mitigé » : http://yourzone.beinsports.fr/handball-edf-f-entre-frustration-et-satisfaction-bilan-dun-euro-mitige-83508/

Annexes :

Calendrier-télé (diffusion sur BeIN Sports) :

http://www.beinsports.com/france/handball/video/le-championnat-du-monde-de-handball-feminin-s/149013

Calendrier complet :

http://www.lequipe.fr/Handball/RES_CMHAND_F.html

Détail des joueuses sélectionnées :

Laura Glauser (1,78m, 22 ans, 22 sél., 0 but, Metz, gardienne)
Coralie Lassource (1,83m, 23 ans, 4 sél., 6 buts, Issy-Paris, ailière gauche)
Nina Kanto (1,78m, 32 ans, 214 sél., 401 buts, Metz, pivot)
Camille Ayglon (1,80m, 30 ans, 192 sél., 355 buts, Nîmes, arrière droite)
Allison Pineau (1,81m, 26 ans, 166 sél., 406 buts, Baia Mare (ROU), demi-centre/arrière gauche)
Laurisa Landre (1,74m, 30 ans, 23 sél., 36 buts, Craiova (ROU), pivot)
Grâce Zaadi (1,71m, 22 ans, 36 sél., 48 buts, Metz, demi-centre)
Marie Prouvensier (1,65m, 21 ans, 17 sél., 20 buts, Dijon, ailière droite)
Amandine Leynaud (1,78m, 27 ans, 162 sél., 1 but, Vardar Skopje (MCD), gardienne)
Manon Houette (1,68m, 23 ans, 12 sél., 28 buts, Fleury-Loiret, ailière gauche)
Siraba Dembele (1,72m, 29 ans, 195 sél., 632 buts, Vardar Skopje (MCD), ailière gauche, capitaine)
Chloé Bulleux (1,72m, 24 ans, 10 sél., 20 buts, Nîmes, ailière droite)
Alice Levêque (1,72m, 26 ans, 36 sél., 21 buts, Metz, arrière gauche)
Béatrice Edwige (1,82m, 27 ans, 12 sél., 9 buts, Nice, pivot)
Estelle Nze Minko (1,76m,  24 ans,  22 sél., 24 buts, Fleury-Loiret, demi-centre)
Gnonsiane Niombla (1,72m, 25 ans, 41 sél., 94 buts, Fleury-Loiret, arrière gauche)
Alexandra Lacrabère (1,72m, 28 ans, 161 sél., 472 buts, Nice, arrière droite)
Julie Foggea (1,81m, 25 ans, 10 sél., 0 but, Fleury-Loiret, gardienne)

Via http://www.lequipe.fr/Handball/Actualites/Les-bleues-au-crible/613735

Autres sources :

Le journal « L’équipe » du samedi 5 décembre

http://www.lemonde.fr/coupe-du-monde-rugby/article/2015/09/22/la-derniere-epreuve-de-philippe-saint-andre_4766587_1616920.html

Publié le 05.12.2015