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Titre remporté et affront lavé, coup double pour la Russie

Il y a quelques mois, la victoire de la Finlande, en quart de finale du tournoi de hockey sur glace, face à une équipe russe vaincue sur ses terres, avait été un des événements marquants des Jeux Olympiques d’hiver. Or dimanche dernier, la finale du championnat du monde voyait s’opposer les deux mêmes protagonistes. La Russie avait l’occasion de prendre sa revanche, et de tourner la page de ses déboires, à défaut de réécrire l’histoire. Cette fois, elle a saisi sa chance.
Entre sa première participation
aux Jeux Olympiques d’hiver, en 1956 à Cortina, et l’édition de 1988 à Calgary, l’URSS a trusté 7 des 9 titres mis en jeu en hockey sur glace. Mais depuis 1994, soi depuis que la Russie participe en tant que telle, et non plus en tant qu’union soviétique, jamais elle n’a su décrocher le titre suprême.
Cette année, c’était écrit, l’heure de réparer cette anomalie allait sonner ! En son propre territoire la sélection russe, ses étoiles (Ovechkin, Malkin, Datsyuk…) et son statut de représentante du sport national se devaient de briser la malédiction. Et pourtant… elle a connu un cuisant échec en quart de finale de la compétition, face à la sélection finlandaise.
Un échec olympique à jamais gravé

Si la Russie a tout de même terminé en tête au classement des médailles à Sotchi (avec 33 breloques, dont 13 en Or), cette défaite a été un véritable camouflet pour Vladimir Poutine, qui n’avait pas caché l’importance que revêtait à ses yeux le tournoi de hockey sur glace, dans l’optique de faire de ses JO la vitrine de la puissance sportive de son pays.
Un tournoi qui pouvait donc prendre une place de choix dans l’Histoire du hockey s’il avait été le théâtre de la consécration de la nation-hôte, mais qui restera finalement dans les mémoires pour une tout autre raison. En effet, l’élimination de la Russie, aux airs de désastre sur glace, fait écho au Miracle sur glace1 de 1980, lorsque les Etats-Unis avaient triomphé, à domicile, de l’invincible URSS de l’époque.
Des championnats du monde survolés

C’est donc animés d’un sentiment de revanche et de la nécessité de restaurer leur honneur bafoué que les joueurs russes ont entamé le championnat du monde 2014, disputé en Biélorussie. Une compétition qu’ils ont dominée de la tête et des épaules. Dix victoires en dix matchs, sur le score moyen et sans appel de 4.2 buts à 1, et une finale à l’image du reste du tournoi, remportée 5 à 2, face à d’impétueux finlandais qui ont fini par céder, après 2 tiers-temps très serrés (3-2 avant la dernière période).  
Les tensions évoquées durant les JO, entre les stars de la NHL et celles de la KHL2, ne se sont pas forcément évaporées mais n’ont, cette fois-ci, pas impacté le niveau de l’équipe.
En tout cas, elles n’ont rien laissé transparaître statistiquement. Les stars Malkin (qui a intégré la compétition en cours) et Ovechkin élus MVP2 de la NHL, respectivement en 2012 et 2008, 2009 et 2013, ont tenu leur rang. Tikhonov, Zaripov et Plotnikov, qui jouent tous au sein de la KHL, ont terminé aux trois premières places en termes de buts et passes décisives cumulés. Bobrovski a été le meilleur gardien, en % de tirs arrêtés. Autant de symboles d’une Russie qui a régné en maître sur le tournoi, remportant le titre de champion du monde pour
la 27e fois (y compris sous le blason de l’URSS), et comptant avec le Canada (24 fois récompensé) 51 des 78 titres mis en jeux, soi 65% à eux deux.
Un autre enseignement à tirer ?
Cette compétition aura donc accouché d’un résultat final prévisible, sacrant la nation qui l’a remportée le plus grand nombre de fois et nous offrant une dernière scène au gout de clin d’œil du destin, sous forme d’un remake revisité de Règlement de compte à Hockey Corral.
La seule ombre à ce tableau de la norme respectée, est la présence de l’équipe de France dans le top 8 (éliminée en quart de finale par le futur gagnant). Elle y est en effet accompagnée de sept pays qui y avaient déjà gouté au moins une fois lors des 5 précédentes éditions (entre 2009 et 2013)… alors qu’elle-même n’avait plus connu ce plaisir depuis 1995 !
Derrière la suprématie réaffirmée de la Russie, ce championnat du monde pose donc une question : La belle performance des bleus n’est-elle qu’une simple éclaircie dans la grisaille du hockey sur glace français, ou est-elle annonciatrice d’un soleil radieux pour les années à venir ?

FARVACQUE Simon
2 NHL : National Hockey League, championnat américain, et KHL : Kontnentalnaïa Hokkeïnaïa Liga, ligue continentale eurasienne regroupant des clubs russes en grande majorité
3 couronnés du Trophée Hart, décerné au meilleur joueur de la saison
Autres sources :