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Most Worsened Player : les candidats au banc (d’essai)

Most Worsened Player : les candidats au banc (d’essai)

Cette saison, Andre Drummond (Detroit Pistons), « Monsieur double-double »*, est favori au titre de MIP (Most Improved Player – joueur ayant le plus progressé) de la NBA. Mais qui mène la danse, pour l’obtention de celui, encore officieux (pour l’instant !), de MWP ?



Dans la course à l’honorable distinction de Most Worsened Player joueur qui a le plus régressé (empiré, littéralement), les stars d’hier en déliquescence aujourd’hui, les excellents éléments dont le niveau se délite à l’approche de la retraite, ne sont pas invités sur la ligne de départ. Les joueurs qui passent de la transparence à l’insignifiance non plus, ne sont pas les bienvenus. Non, pour faire partie de la liste des nominés il faut être en pleine force de l’âge (30 ans maximum), rester sur (au moins) une année 2014-2015 de bonne facture (cut fixé à 25 minutes, 10 points et 40%) et vivre une entame de saison régulière au goût amer.

Comme le MIP, qui se révèle parfois au gré des circonstances et d’une confiance qui lui est enfin témoignée, le MWP n’est pas inexorablement sur le déclin : lui aussi peut glaner ce trophée « grâce » à une conjoncture particulière (changement de son rôle – sur le parquet ou dans la rotation –, période difficile pour sa franchise, méforme relative). Défendre les couleurs d’une quatrième franchise en quatre ans peut, par exemple, aider à postuler.

Josh Smith (LA Clippers), un statut à (ne pas) assimiler

C’est le cas de Josh Smith, qui vient de voyager d’Atlanta à Los Angeles, en passant par Detroit et par une courte escale à Houston. Son transfert était l’un des « gros coups » de l’été, pour des Clippers en quête de confirmation (avec Paul Pierce et Lance Stephenson notamment, voir suite de l’article).

Demi-finaliste de conférence en 2014 et 2015, « Lob City » n’est plus seulement une équipe spectaculaire, reine des highlights, incapable de faire preuve de rigueur en play-off. Josh « couteau » Smith (1), avec sa large palette (ailier fort/shooteur), devait être le symbole du renforcement de l’effectif et de la croissance de l’ambition « des » Angelinos… ce n’est pour l’instant pas flagrant.

Avec seulement 50% de victoires (8/16), les Clippers peinent à faire la Une de l’actualité, autrement qu’en coulisse (2) et Smith tarde à s’accommoder de son statut de remplaçant. Il n’a débuté aucune rencontre et joue encore moins qu’à Houston, où il ne figurait déjà pas dans le cinq majeur, ce qui provoque certaines tensions en «interne » (3).

Avec 15.6 minutes, 5.3 points (37.8%) et 4.4 rebonds il est loin de ses standards : 33.3min, 15.0pts (45.5%) et 7.7 rbds, en carrière. Le vrai témoin de son début de saison compliqué étant ce pourcentage de réussite au tir insignifiant (il n’a jamais terminé une année à moins de 40%). Statistiques faméliques, faible efficacité… pour décrocher le statut de MWP, il est en pôle. C’est l’homme à battre. Mais – attention ! – le différentiel entre ses performances du passé et celles d’aujourd’hui s’expliquant grandement par son rôle de « joueur de banc », ce n’est pas gagné pour autant ! Danny Green, par exemple, peut avancer un sacré argument : « rien, ou presque ne peut justifier mon moins bon rendement ! ».   

Danny Green (SA Spurs), polyvalence qui (risque de) compense(r)  

Passé de 11.7 pts de moyenne, à 7.8 (pour l’instant, après 17 rencontres disputées), il est de moins en moins prolifique. Certes, les évolutions stratégiques du collectif-Spurs (arrivée de LaMarcus Aldridge, poursuite de l’avènement de Kawhi Leonard) peuvent être un facteur influent… mais Green conserve le même temps de jeu moyen (28-29 minutes) et tire à peine moins (8.35 contre 9.11) : son total de points décevant repose surtout sur une inhabituelle maladresse.

Il n’est plus aussi redoutable à 3pts (32.9%, alors qu’il tournait à plus de 41% depuis 2011), globalement moins précis dans le jeu courant (33.8% au shoot) et dans l’exercice du lancer franc (72.7%), dans des proportions là aussi « record » (voir infographie). En défense, il semble aussi moins saignant (0.6 block et 0.6 interception, en moyenne, par partie… contre 1.1 et 1.2 en 2014/2015). 

Cependant, sa gâchette rouillée et son relâchement défensif ne l’empêchent pas de s’illustrer : il se maintient au rebond (4.2 par match, comme la saison passée), et progresse même dans le domaine des assists (de 2.0 – son record – à 2.3). Pour suivre le rythme régressif de ses concurrents au trône, il devra sans doute être moins altruiste. Goran Dragic, lui aussi, tâchera de ne pas être trop décisif en tant que passeur, pour préserver ses chances.

Goran Dragic (Miami Heat), des résultats (dés)avantageux

Le meneur (ou arrière) slovène a déjà connu la « consécration MIP », à l’issue d’une saison 2013/2014 qui reste sa référence (20.3pts à 50.5% dont 40.8% à 3pts, 5.9 passes, avec le maillot des Phoenix Suns). Peut-il suivre le chemin inverse ? Alors qu’il avait conservé un bon niveau en 2014/2015 (à Phoenix, toujours, puis à Miami), en dépit d’une léger fléchissement, (16.3pts, 4.5 passes), cette année, l’inflexion tend à se poursuivre.

Après 15 titularisations (sur 15 possibles), il n’a toujours pas trouvé le bon rythme (surtout « longue distance » ou il ne réussit qu’un tir sur quatre). Bien qu’il joue encore une demi-heure par rencontre, il dépasse à peine les 10 unités (10.7). Une inefficacité inédite pour lui (si elle perdure), depuis qu’il n’est plus un deuxième choix.

Mais face à ces errances, il ne force pas (moins de dix shoots par match, contre près de 13 et plus de 14 lors des deux dernières années) et le collectif du Heat reste bien huilé (Hassan Whiteside, notamment, se mettant au diapason des stars, Chris Bosh et Dwyane Wade). Parfois, les chiffres ne disent pas tout.

La bonne saison des Floridiens (10V/5D), si elle se confirme, pourrait coûter cher à Goran lors du décompte final. Succèdera-t-il à… à qui d’ailleurs ?

Lance Stephenson (LA Clippers), vainqueur sortant, continue sur sa lancée

Dion Waiters n’avait pas confirmé (transféré de Cleveland à OKC, en cours d’exercice, sans grand succès), mais ne suscitait pas autant d’attentes. Dwight Howard (Houston) avait déçu, mais son influence baissait déjà depuis plusieurs mois. Josh Smith était (déjà) un sérieux candidat, mais son heure n’était pas encore venue. En 2014/2015, Lance Stephenson version-Hornets, ses problèmes d’adaptation, ses petites blessures handicapantes, son agressivité diluée et sa régularité oubliée furent bel et bien le couac-NBA.
Lance devait y passer un cap... il ne fit que passer par la franchise de Michael Jordan (régressant de 13.8pts - 49.1% à 8.2pts - 37.6%). Brillant à Indiana, décevant à Charlotte, transparent à Los Angeles : Stephenson, MWP en titre, n’endigue pas son déclin (18.5min, 4.8pts), anonyme dans l’entame mitigée des Clippers.

La course à sa succession ne fait que débuter : gare aux hausses de régime, périodes de réussite chronique ou autres cercles vertueux. La saison est encore longue et le MWP se cache peut-être derrière des statistiques trompeuses et trop flatteuses, qu’il saura altérer au gré de performances médiocres, d’états d’âme ou de pépins physiques, et d’une confiance évaporée.

Simon Farvacque 

 *http://espn.go.com/nba/statistics/player/_/stat/double-doubles/sort/doubleDouble

(1)http://trashtalk.co/2015/07/17/josh-smith-rejoint-la-mafia-des-clippers-bonjour-leffectif-qui-vend-du-reve/

(2) http://www.lequipe.fr/Basket/Actualites/La-vente-des-los-angeles-clippers-confirmee/608332

(3)http://www.basketsession.com/actu/josh-smith-clippers-assistant-301049/

Statistiques arrêtées au 29.11.2015

http://espn.go.com/nba/player/stats/_/id/3988/danny-green

http://espn.go.com/nba/player/stats/_/id/3423/goran-dragic

Article publié le 30.11.2015