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Manaudou, un break salvateur ?

 

Florent Manaudou (25 ans) a annoncé la semaine passée à l’AFP qu’il mettait sa carrière de nageur entre « parenthèse », pour se consacrer à un autre sport. Le champion olympique 2012 du 50m nage libre s’entraîne avec l’équipe 2 du Pays d’Aix Université Club handball. Peut-être le meilleur moyen de remonter sur un podium olympique… pas forcément loin des bassins.
Une parenthèse. C’est peut-être ce dont a besoin Florent Manaudou. Le nageur français a quitté Rio avec un goût d’inachevé, battu d’un centième par l’Américain Anthony Ervin (35 ans), privé d’un doublé olympique qui lui semblait promis sur 50m nage libre. Un coup dur qui l’a affecté, l’a poussé à s’interroger sur son avenir.La question de sa retraite s’est alors posée et Manaudou n’a pas levé tous les doutes à ce sujet, au micro de L’équipe : « Je me laisse guider par mes envies (…) j’aimerais bien faire du sport pour m’amuser et la natation n’est pas un sport où l’on s’amuse ».
Le handball ? Un pari qui fait jaser
Depuis, son futur s’est, un peu, éclairé : c’est dans le handball, sport qu’il a déjà pratiqué, qu’il va tenter de prendre du plaisir. Il s’entraîne en effet avec la réserve du club d’Aix-en-Provence, dont l’équipe première est en Division 1. Cette reconversion fait parler. Voire fantasmer. Beaucoup s’imaginent déjà Manaudou en équipe de France de handball… beaucoup, aussi, s’offusquent de cette hypothèse. L’entraîneur du HBC Nantes, Thierry Anti a notamment conseillé à Manaudou de « faire de la pétanque » dans les colonnes de Ouest France, qualifiant son attitude de « manque de respect (pour le hand) ».
Le contre-exemple de sa sœur
Manaudou ne dit, peut-être, pas tout de son ambition à long terme, ballon en main, mais son passage par les parquets pourrait être à la fois infructueux et bénéfique. Même sans atteindre le très haut niveau en handball, en s’éloignant des bassins, il pourrait s’offrir un break salvateur. Pour cela, il a pu s’inspirer du contre-exemple de sa sœur qui a aussi, à son époque, subi la lassitude du nageur, l’ennui de compter les carreaux, chaque jour, sans joie d’aller à l’entraînement, et qui n’a peut-être pas bien géré ce sentiment inhérent à la pratique. Elle qui concédait à Europe 1 en 2014 : « Je n'ai jamais aimé nager. Ce que j'aimais, c'était gagner », a arrêté sa carrière de manière nette (2009), puis l’a reprise sans grand succès (2011-2013).
Businessman avisé
En se montrant moins catégorique, Florent Manaudou s’éloigne de ce modèle d’échec. Il se fixe un défi, avance sans garantie. Mais en s’offrant une bouffée d’oxygène et plusieurs portes de sortie, en ne cédant pas au schéma classique « retraite anticipée puis désavouée », il fait un choix intéressant.
Financièrement, ce choix semble déjà gagnant*. Sportivement, sera-t-il payant ?
Simon Farvacque
* Séduits par la perspective des JO de Tokyo 2020, tous ses sponsors, Speedo en tête, souhaitent continuer d’être associés à son image, selon le journal L’équipe du 6 octobre.
Publié le 06/10/2016