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Tour de France 2015...

TDF 2015 : Feu d'artifice ou pétard mouillé ? - Parcours détaillé

Le résultat d’Alberto Contador, lors du dernier Grand Tour qu’il a bouclé ? Vainqueur (Giro 2015). Celui de Vincenzo Nibali (TDF 2014) ? Idem, bien sûr. Celui de Nairo Quintana (Giro 2014) ? Pareil, évidement... et Christopher Froome dans tout cela ? Deuxième de la dernière Vuelta. « Pas mal » pour le « bonnet d’âne » de ce carré d’as impressionnant, dont les quatre représentants cumulent sept des huit courses de 3 semaines disputées depuis le Tour d’Espagne 2012. Sauf cataclysme, le vainqueur du prochain Tour de France figure au sein de ce quatuor. Mais «cataclysme » il peut y avoir et cet empilement de noms ronflants, bien que si alléchant, pourrait rimer avec déception. Retour sur le parcours atypique de ce 102e Tour de France, qui verra ces quatre larrons (entre autres) tenter de se montrer la hauteur de leur réputation.

La tendance ne date pas d’hier* : sur le tracé de la Grande Boucle, le contre la montre est réduit, au fil du temps, depuis la fin des années -70, à peau de chagrin. Cette année, un cap historique est franchi. Ainsi, avec 13.8 km parcourus en « chrono individuel », le Tour présente son plus faible total depuis l’instauration d’une telle épreuve en 1934 (voir infographie ci-dessous – extraite du dossier « Le Tour de France contre les aiguilles » http://www.memoire-du-cyclisme.eu/dossiers/dos_tdf_clm.php – et sachant que 54 km étaient au programme de l’édition 2014).

 


Outre par cette évolution particulièrement significative (le précédent « record » du genre étant de 42.5 km, en 2011), le parcours de ce Tour se caractérise par une première semaine parsemée de pièges divers et variés – des lignes droites soumises aux bourrasques, aux montées courtes et nerveuses en passant par les capricieux pavés du nord – et par des arrivées en altitude assez classiques (l’Alpe d’Huez et ses 21 virages) voire légendaires (Pra-Loup, théâtre de la terrible défaillance d’Eddy Merckx en 1975). Présentation

1ère étape (samedi 4 juillet) : premier... et dernier effort solitaire

Pas de bonifications, mais 20 à 1 pt(s) accordé(s) aux 15 premiers de l’étape.

Le 102e Tour de France s’élancera d’Utrecht, par une boucle de 13.8 km. Sur ce chrono inaugural – dont le profil présente une quasi-absolue platitude, mais très peu de longues lignes droites – trois favoris se dégagent : Tony Martin (Etixx - Quick Step) Fabian Cancellara (Trek) et Tom Dumoulin (Giant-Alpecin). L’Allemand, incontesté plus gros rouleur du peloton, vainqueur de deux des trois derniers CLM individuels disputé sur le TDF, fait figure d’homme à battre, tandis que le Suisse, ex-patron en la matière (quatre fois champion du monde de l’exercice entre 2006 et 2010), et le Batave, impressionnant sur le Tour de Suisse autant que décevant à l’occasion de son épreuve nationale (achevée à la 4e place), mèneront la dissidence.

Matthias Brändle (IAM), Steve Cummings (MTN-Qhubeka), Jan Bárta (Bora-Argon 18), Adriano Malori, Alex Dowsett (Movistar),  Luke Durbridge, , Svein Tuft (Orica-GreenEDGE), Daniel Oss, Rohan Dennis, Greg Van Avermaet (BMC) etc. devraient se partager les places d’honneur alors que des sprinteurs à l’aise sur les CLM (surtout) de courte distance, Peter Sagan (Tinkoff-Saxo), Edvald Boasson Hagen (MTN-Qhubeka) ou autre Michael Matthews (OGE), seront également à surveiller.

Du côté de ceux qui ambitionnent de remonter les Champs-Elysées vêtu de jaune, les écarts devraient être minimes, Christopher Froome (SKY), Alberto Contador (Tinkoff-Saxo) et Vincenzo Nibali (Astana) – dont les aptitudes de pilote seront un atout sur ce parcours tortueux – ne manquant pas de qualité à l’heure de défier l’horloge et Nairo Quintana (Movistar) ayant déjà prouvé qu’il pouvait limiter les dégâts dans ce registre. Parmi les autres prétendants à un bon classement – Joaquim Rodriguez (Katusha), Thibaut Pinot (FDJ), Rui Costa (Lampre-Merida), à qui il reste tout à prouver sur un GT, Bauke Mollema (Trek), dont le dos est un point d’interrogation majeur, Romain Bardet (AG2R La Mondiale) etc. – Tejay Van Garderen (BMC), excellent rouleur, se dégage de la mêlée, suivi de près par Wilco Kelderman (Lotto NL-Jumbo), qui vient de démontrer de belles dispositions avec son titre de Champion des Pay-Bas de la spécialité. Michal Kwiatkowski (Etixx - Quick Step) étant également à mentionner... mais dans quelle catégorie ? En tant qu’aspirant au bouquet du jour ou à une place dans le Top 10 final ? Peut-être avec les deux casquettes.

En jeu, donc, une victoire de prestige et la possibilité pour les cadors d’obtenir, en plus de quelques secondes d’avance, un léger ascendant psychologique... voire un avantage plus marquant encore. Lorsqu’en 2005, Lance Armstrong, en quête d’une septième couronne, rattrapait Jan Ullrich, parti une minute avant lui, sur un CLM inaugural à peine plus long (16km), le Tour qui venait de débuter semblait déjà, virtuellement, s’achever.

En 2009, coup de force moins démesuré. Sur un CLM monégasque accidenté (15.5 km), lors de la première étape du Tour, Alberto Contador avait tout de suite tapé du poing sur la table, en prenant la 2e place derrière Cancellara et, surtout, en repoussant un certain LA, encombrant coéquipier, à 22 secondes. Trois semaines plus tard, El Pistolero remportait sa deuxième Grande Boucle.

Cependant, entre-temps, le Texan avait rebattu les cartes ... au gré du vent.

2e étape (dimanche 5 juillet) : Un sprint contre vents et marées ?

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : de 50 à 2 aux 15 premiers à l’arrivée et de 20 à 1 aux 15 premiers du sprint intermédiaire.

Jacques, ce plat pays qui est le tien, n’a parfois rien à envier à son voisin. C’est bien en Hollande, que les coureurs vont être confrontés à une étape dénuée de dénivelé... mais pas d’intérêt. En effet, si les conditions sont réunies (des rafales frappant les coureurs « de ¾ face ») pour que les bordures se forment, certains sprinteurs pourraient être piégés par des équipes spécialistes des Classiques et/ou pourvues de machine à rouler (Etixx-Quick Step, Lotto-NL Jumbo, BMC notamment), et voir ainsi leurs objectifs de victoire d’étape s’envoler.

Outre pour l’obtention de la distinction quotidienne, c’est dans la quête d’un bon classement général final qu’une telle situation de course pourrait s’avérer importante. Chacun des grands favoris se réfugiant dans les roues des hommes forts chargés de les protéger : Malori, bouclier de Quintana ; Stannard, paravent de Froome ; Bennati, garde du corps de Contador ; Boom, guide de Nibali, entre autres et par exemple. Dans cette course à double optique, Peter Sagan pourrait jouer un rôle majeur, en tant que finisseur... mais aussi en tant que soutien de luxe pour Contador.

Cependant, un déroulement des opérations plus académique, et un report des hostilités sont aussi à envisager. Alexander Kristoff (Katusha) et Mark Cavendish (Etixx-Quick Step), les deux cyclistes qui ont remporté le plus de courses cette année, respectivement 18 et 13, s’imposeraient alors en favoris, une courte tête devant André Greipel (Lotto-Soudal), neuf succès. La meute d’outsiders qui leur serait proposée [Matthews, Sagan, Boasson Hagen, John Degenkolb (Giant-Alpecin), Sam Bennett (Bora-Argon 18), Nacer Bouhanni (Cofidis), Arnaud Démare (FDJ), Bryan Coquard (Europcar) etc.] promettant un emballage final houleux !

3e étape (lundi 6 juillet) : les favoris aux pieds du mur

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : de 30 à 2 aux 15 premiers à l’arrivée et de 20 à 1 aux 15 premiers du sprint intermédiaire. Classement de la montagne : 1 pt pour chaque côte de 4e catégorie. 1 et 2 pts au sommet du Mur de Huy

Le mur de Huy, qui présente un profil effrayant pour tout allergique à la « grimpette », autant qu’excitant aux yeux des puncheurs au coup de pédale léger (1.3 km à 9,6% comme détaillé ci-dessus), se dresse devant les coureurs à l’occasion de cette 3e étape. Ainsi, en ce début de Tour où les alliés d’une course débridée sont légion (après le vent, les monts, en attendant un revêtement très redouté...), où chaque journée promet de convenir à un certain type de coursiers, c’est à Alejandro Valverde (Movistar), « Purito » Rodriguez et Dan Martin (Cannondale-Garmin) ou encore au duo (voire trio avec Matthews) de l’équipe Orica-GreenEDGE, Michael Albasini - Simon Gerrans de s’illustrer. Le Champion du Monde Michal Kwiatkowski, Peter Sagan, Van Avermaet etc. peut-être déjà à l’œuvre depuis deux jours, seront aussi des prétendants crédibles, alors que la raideur de la pente pourrait même amener des hommes aux ambitions plus éloignées (visant à être au top en 3e semaine) à se découvrir, les vérités du moment pouvant s’extrapoler dans le temps.

Par exemple, Valverde (tout récent Champion d’Espagne et, surtout, triple vainqueur de la Flèche Wallonne.. donc, incontestable favori), en s’imposant, bousculerai-t-il la hiérarchie au sein de sa formation ? Peu probable tant le leadership de Quintana, si à l’aise en haute montagne, semble difficilement contestable. Mais le jaune (dont l’attribution provisoire sera également un fort enjeu, en toile de fond de cette étape) ne s’imposera pas comme l’unique paletot concerné...

Sagan et Matthews vont-ils empocher de précieux points dans la course au maillot vert qui, régie par un barème différent cette année (primauté à la victoire plutôt qu’aux accessits, voir règlement en annexe et sous-titre de chaque profil d’étape), pourrait s’avérer plus ouverte ? Entre polyvalents (Coquard, Boasson Hagen, Degenkolb en plus des deux cités) et surpuissants (Kristoff, Greipel et Cavendish voire Bouhanni) la lutte aurait fière allure. Reste à savoir qui, parmi eux, fera de cette tunique un objectif. Lors de la 4e levée de cette Grande Boucle, des pavés (de bonnes ou mauvaises intentions ?) auront aussi leur mot à dire dans ces deux combats.

4e étape (mardi 7 juillet) : pas de bêtises sur les pavés  

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : de 30 à 2 aux 15 premiers à l’arrivée et de 20 à 1 aux 15 premiers du sprint intermédiaire. Classement de la montagne : 1 pt pour le passage en tête de la côte.

En 2010,  Andy Schleck (bien installé sur le porte-bagage de Spartacus tandis que son frère, Fränk, abandonnait sur chute) et Cadel Evans avaient pris plus d’une minute à Contador et plus de deux à Armstrong, à l’occasion d’une étape au final semblable à celui de celle-ci. L’an passé, Nibali, maître es trajectoire, acrobate du vélo, adepte des chevauchées osées avait dompté les pavés avec une maestria remarquable (distançant même Sagan et Cancellara) emmené par une équipe Astana particulièrement solide [Westra et Fuglsang seront encore à ses côtés tandis que Boom (ex-Belkin), vainqueur du jour et seul homme à l’avoir décramponné, sera cette fois son coéquipier !] creusant des écarts importants sur son grand rival (Contador, encore, repoussé à  2 min 37 au CG), alors que Froome, au corps meurtri, jetait l’éponge avant même les secousses.

Quid cette année ? Alors que la longueur – 223,5 km contre 152,5 en 2014 (pour 12,3 km de pavés, peu ou prou le même total) – s’ajoutera à la difficulté de l’épilogue et que les 7 secteurs programmés réserveront leur lot d’incertitude, certains verront-ils leurs chances de podium à l’arrivée, l’objectif de leur saison, le leitmotiv de leur année... tristement s’envoler ?

5e étape (mercredi 8 juillet) : calme relatif, risques de soubresauts


 

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : de 50 à 2 aux 15 premiers à l’arrivée et de 20 à 1 aux 15 premiers du sprint intermédiaire.

Entre l’optique d’une première journée paisible pour les gros bras du CG et une première occasion pour les costauds des lignes droites finales de se mesurer (si les bordures les en ont empêchés, lors du second round de ce TDF), la 5e étape semble destinée à se soumettre au classique scénario du chat et de la souris, entre le peloton et l’échappée. Parsemé de « dos d’âne », le parcours ne sera tout de même pas de tout repos, et les derniers kilomètres, sans doute très nerveux, nécessiteront également une particulière attention.

Si le félin a raison du rongeur, dans les derniers instants, l’ultime faux plat montant (entre 1500 et 500 mètres de l’arrivée) devrait être avalé à vitesse grand V, alors que les 400 derniers mètres, légèrement descendants, accoucheront certainement d’un sprint royal.

6e étape (jeudi 9 juillet) : Guère de paix au Havre

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : de 50  à 2 aux 15 premiers à l’arrivée et de 20 à 1 aux 15 premiers du sprint intermédiaire. Classement de la montagne : 1 pt pour chaque côte de 4e catégorie.

Le calumet de la paix à peine fumé, les choses sérieuses reprennent, avec une arrivée en montée qui laisse planer un encore plus grand suspense que celle de Huy, la côte d’Ingouville étant plus courte (850m contre 1,3 km) présentant une pente au pourcentage bien moins importante (7% de moyenne, et non 9,6) et précédant un replat (1%) de 600 mètres, favorable à une explication entre une vingtaine de coureurs. Cette fois, chez les sprinteurs, outre Sagan et Matthews, ce sont également Boasson Hagen, Degenkolb, Coquard et Bouhanni (voire Kristoff, pour qui ce devrait être compliqué) qui peuvent espérer se mêler à la lutte, dans l’emballage final. Dans ce genre de contexte, en force, Cancellara peut également tirer son épingle du jeu.

A titre d’exemple, la 3e étape de la Vuelta 2014, qui comportait des derniers hectomètres assez semblables (ainsi que quelques différences : seulement une centaine de mètres avec une pente moins sévère, avant de couper la ligne, par exemple) avait accouché d’un Top10 où grimpeurs, puncheurs et sprinteurs cohabitaient (Matthews s’imposant devant, dans l’ordre, Dan Martin, Purito Rodriguez, Wilco Kelderman, Paul Martens, Cadel Evans, Loyd Mondory, Nacer Bouhanni, Daniel Moreno et Christopher Froome). Voir vidéo ci-dessous. http://video.eurosport.fr/cyclisme/vuelta-3e-etape-la-victoire-de-michael-matthews_vid339739/video.shtml

7e étape (vendredi 10 juillet) : « grosses cuisses » ou baroudeurs à l’honneur ?


Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : de 50 à 2 aux 15 premiers à l’arrivée et de 20 à 1 aux 15 premiers du sprint intermédiaire. Classement de la montagne : 1 pt pour le passage en tête de la côte.

De telles occasions, il y en aura bien peu. Les équipes de « pur-sprinteurs » (Lotto-Soudal, Etixx-Quick Step, voire Katusha etc.) tenteront certainement de verrouiller la course et le nouvel affrontement des kamikazes qui jouent des coudes à plus de 60 km/h paraît inévitable. Les amoureux de l’inattendu pouvant s’accrocher au rêve d’une escapade sous-estimée ou d’un « kilo » parcouru en costaud (Cancellara ? Kennaugh, si carte blanche exceptionnelle ? Dumoulin, si Degenkolb déçoit ou lui donne son aval ?) ... comme à un bien menu espoir. 

8e étape (samedi 11 juillet) : compromis pour la belle

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : de 30 à 2 aux 15 premiers à l’arrivée et de 20 à 1 aux 15 premiers du sprint intermédiaire. Classement de la montagne : 1 pt pour le passage en tête de la côte de 4e catégorie. 1 et 2 pts à l’arrivée. 

La troisième arrivée pour adeptes de l’effort court et intense sur pente abrupte tend à ressembler à la première (avec de forts pourcentages) mais se rapproches de la seconde (car elle s’achève par un replat). Avec sa première borne très sévère, le Mûr de Bretagne commence par opérer un sérieux écrémage, mais en se radoucissant (ses 500 derniers mètres sont à moins de 3%) il reste compatible avec un sprint en petit comité.

C’est exactement ce scénario qui a vu Cadel Evans devancer Alberto Contador de quelques millimètres sur le Tour 2011 (vidéo ci-dessous) après que Jurgen Van den Broeck ait imprimé un rythme élevé et Contador été à l’origine de l’amaigrissement spectaculaire du groupe susceptible de se disputer la victoire (constitué de 10 hommes seulement).

https://www.youtube.com/watch?v=Palpj_GgxZc

Là encore, le classement traduit une vraie diversité, dans la roue du duo de tête (et dans la même seconde) : Vinokourov, Uran, Gilbert, Hushovd (de jaune vêtu), Fränk Schleck, Samuel Sanchez, Van den Broeck, Klöden.

Si le lien entre la victoire d’étape d’Evans et son sacre sous-jacent (il est devenu, quelques jours après, le premier Australien à remporter le Tour de France) n’a rien d’indubitable, il donne du crédit au Mûr de Bretagne et à l’importance que tous les favoris à la couronne devront lui accorder.

9e étape (dimanche 12 juillet) : CLM/équipe atypique, virage tant redouté

Pas de bonification. Temps pris sur le 5e homme à franchir la ligne. NB : Le temps pris en compte pour le classement général par équipes est le temps du dernier coureur de l’équipe reporté 5 fois.

L’exercice est complexe, une vraie spécialité. Le CLM par équipes est un art. La feu équipe Garmin (aujourd’hui Cannondale-Garmin après fusion) hier, les formations Etixx-Quick Step, BMC, Movistar ou Orica-GreenEDGE  aujourd’hui, plusieurs collectifs font de cette épreuve, une véritable sérénade... quand d’autres la craigne comme le loup blanc.

Cependant, la particularité du profil de l’étape, rajoute du sel à cette 9e étape : les bosses qui l’émaillent (notamment la côte de Cadoudal – 1,7 km à 6,2% – qui mène à l’arrivée) compliquent toute prédiction. Qui d’Astana, puissante sur le Giro, de la SKY, qui y fut décevante sur le chrono, de la Tinkoff-Saxo, qui y fut décevante... pendant trois semaines à l’exception de son leader ou de la Movistar, a priori armée (Malori, Castroviejo, Dowsett etc.), s’en tirera le mieux ? A l’inverse, qui perdra gros ? Le temps étant pris sur le 5e homme, toute défaillance d’équipier pourrait se payer cash, dans la dernière difficulté.

Concernant la composition des groupes, cette étape a compté, c’est une certitude. Dans le dessin du podium final, aura-t-elle un si gros impact ?

1er jour de repos (lundi 13 juillet)

10e étape (mardi 14 juillet) : la haute montagne, enfin

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : de 30 à 2 aux 15 premiers à l’arrivée et de 20 à 1 aux 15 premiers du sprint intermédiaire. Classement de la montagne : 1 pt pour chaque côte de 4e catégorie et de 50 pts (1) au premier jusqu’à 4 pts au 10e, au passage sur la ligne d’arrivée.

Trêve de plaisanteries. La Grande Boucle 2015 bourlingue depuis neuf étapes, voguant de traquenards en escarmouches, de « raidars » en mise en bouche, il est temps qu’en se rapprochant des cieux s’expliquent ces messieurs. Une course de côte (voire deux en une, si l’échappée bénéficie d’un bon de sortie) qui ne sera débridée qu’en cas de retard conséquent accusé par un des très Grands, à l’issue de la première semaine... et encore. Peu d’écarts à prévoir, donc, mais des enseignements à observer. Parmi les plus omnipotents de ce début de TDF, entre forme vraiment étincelante et coups de bluff, les masques vont tomber.

11e étape (mercredi 15 juillet) : invitation à l’anticipation

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : de 20 à 1 aux 15 premiers à l’arrivée et de 20 à 1 aux 15 premiers du sprint intermédiaire. Classement de la montagne : 1 pt pour la côte de 4e catégorie, 2-1 pts pour celles de 3e, 10-8-6-4-2-1 au Col d’Aspin et 25-20-16-14-12-10-8-6-4-2 au Tourmalet.

Au lendemain de la première arrivée en altitude (col HC) de ce 102e Tour de France, les battus auront l’opportunité de se refaire la cerise... grâce à l’enchaînement Aspin-Tourmalet, qui précède une côte finale (celle des Cauterets) bien moins propice à créer des différences (3e catégorie). Plus que les coursiers déjà distancés et les prétendants au maillot à pois qui, s’ils ne l’ont point fait encore, vont trouver ici l’occasion d’acter leur candidature, sont-ce des grimpeurs déjà en réussite la veille qui se risqueront à une escapade au long cours ? Peu probable. Quand on les invite à l’anticipation, les plus célèbres noms du peloton nous font souvent faux bond, depuis maintenant quelques saisons... cependant, les deux dernières éditions du Critérium du Dauphiné Libéré, très animées, ainsi que le Giro de cette année, ô combien mouvementé, font renaître l’espoir d’une course décantée.

12e étape (jeudi 16 juillet) : Le Plateau de Beille, reflet des Champs

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points :
de 20 à 1 aux 15 premiers à l’arrivée et de 20 à 1 aux 15 premiers du sprint intermédiaire. Classement de la montagne :5-3-2-1 pour le Portet d’Aspet, 10-8-6-4-2-1 pour les deux « 1ère catégorie » et de 50 à 4 pour le « Top 10 » du Plateau de Beille
 

En 2002, en route pour la passe de quatre, il voltige, mis sur orbite par Roberto Heras, en 2004, en quête du record absolu (6 TDF) il emporte à nouveau l’étape, effilochant le maillot jaune de Voeckler (avant de lui reprendre, aisément)... Armstrong, sur le Tour, est invaincu au Plateau de Beille.

Mais il n’est pas le seul souverain à s’y être distingué. Pantani l’avait conquis avant de parachever son doublé Giro-Tour (en 1998, mettant 2 minutes de moins qu’Armstrong à le gravir), avant que ce ne soit au tour de Contador d’y graver son nom en 2007, quelques jours avant de glaner son premier TDF. En 2011, Jelle Vanendert fera exception, en s’imposant comme le seul homme capable de résister au retour des cadors, au sein de l’échappée... et en finissant 19e du CG final.

Mais le ratio (80%) des vainqueurs au sommet à avoir transformé l’essai, en montant sur la première marche du podium de clôture de l’épreuve reste très significatif.

Nouvelle démonstration du futur gagnant ?

13e étape (vendredi 17 juillet) : la trêve des cadors, l’heure des francs-tireurs

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : de 30 à 2 aux 15 premiers à l’arrivée et de 20 à 1 aux 15 premiers du sprint intermédiaire. Classement de la montagne : 1 pt pour chaque côte de 4e catégorie. 1 et 2 pts pour celle de 3e.

L’étape dite « de transition ». La fameuse. Celle qui fait souvent la part belle aux initiatives précoces, celle qui voit souvent un groupe d’une quinzaine de baroudeurs se disputer la victoire. Celle qui consacre parfois le plus fort, souvent le plus malin.

Au lendemain du triptyque pyrénéen et la veille de la « côte du Panda »... nul doute que les candidats à l’échappée ne manqueront pas. Si tant est que le peloton du Tour de France ne soit pas trop émoussé par les efforts déjà effectués. Parmi eux, les suiveurs assidus des joutes de juillet devraient retrouver certains visages familiers... à tout hasard : l’immanquable Voeckler, l’inusable Hansen (12e GT de suite, accompagné de coéquipiers ? Avec aucun coureur capable de « jouer placé » au CG, la Lotto-Soudal sera à surveiller sur ce type de parcours assez escarpés via Wellens, De Gendt ou autre Gallopin) et le pragmatique Dani Navarro (pour un rapproché au général). Derrière, seul un favori téméraire, un Peter Sagan non-rassasié (mais avec peu d’équipiers désignés pour l’aider) ou une équipe Orica-GreenEDGE motivée, pourraient contrecarrer leurs plans.

Bref, une étape à ne pas mettre un Johnny Hoogerland dehors, à voir LL Sanchez persécuter Sandy Casar, à se détacher des calculs d’apothicaire pour miser sur le héros du jour qui « a la bonne jambe, ça se voit ». Une étape de transition quoi.

14e étape (samedi 18 juillet) : aux bons souvenirs de Contador 

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : de 30 à 2 aux 15 premiers à l’arrivée et de 20 à 1 aux 15 premiers du sprint intermédiaire. Classement de la montagne : 1 pt pour chaque côte de 4e catégorie. 5-3-2-1 pour celles de 2e catégorie.

Contador, l’anonyme. Quelques résultats sur le Tour de Romandie et le Tour du Pays Basque (étapes et bons classements généraux) sont alors les faits d’armes majeurs du jeune Alberto, 24 ans, lorsqu’il remporte Paris-Nice en 2007. La première pierre à l’édifice de ce triomphe, c’est à Mende qu’il la pose, en devançant de quelques mètres le, déjà, très expérimenté Davide Rebellin (35 ans). Vidéo ci-jointe.

https://www.youtube.com/watch?v=RUwLH3M6Uq0

Trois ans plus tard, El Pistolero récidive sur la Course au Soleil avant de retrouver la fameuse montée Laurent Jalabert, quelques mois plus tard sur le Tour. Controversée, sa contre-attaque après le premier « coup de giclette » de Rodriguez condamne Vinokourov, son coéquipier échappé (voir vidéo suivante). Purito le règle sans souci et Astana (équipe pour laquelle il court alors) perd l’étape, au grand dam de Vino... mais Contador récupère 10 secondes sur Andy Schleck, alors leader (se rapprochant de 41 à 31s). Le jeu en vaudra finalement la chandelle, puisque l’Espagnol remportera ce TDF avec 39s d’avance sur le Luxembourgeois (qui récupèrera le « titre » sur tapis vert).

https://www.youtube.com/watch?v=kiMSIPuBDVg

Dans ce Tour qui fait décidément la part belle aux puncheurs –  avec, une nouvelle fois, un léger replat... qui ne suffira pas à donner des idées aux sprinteurs cette fois-ci, en raison de la difficulté globale de cette montée finale (2e catégorie) –  les coureurs les moins à-mêmes d’encaisser les à-coups, n’ayant pas le jump nécessaire (le Froome de 2014-2015 en fait peut-être partie, à l’opposé de celui de 2013) risquent de courber l’échine.

15e étape (dimanche 19 juillet) : pour un audacieux ou un pur-sang

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : de 50 à 2 aux 15 premiers à l’arrivée et de 20 à 1 aux 15 premiers du sprint intermédiaire. Classement de la montagne : 1 et 2 pts pour la côte de 3e catégorie, 1 pt pour chacune de 4e, et 5-3-2-1 pts pour le Col de l’Escrinet (2e catégorie).

Nouveau duel en perspective, entre les adeptes des longues odyssées et les spécialistes des arrivées groupées. La vallée de 40 bornes qui mènera les forçats de la route jusqu’à la commune de Valence, laisse à penser que les hommes rapides et à l’aise dans les bosses (Sagan, Matthews, Degenkolb, Boasson Hagen etc. s’ils sont encore présents) auront des intérêts communs avec quelques-uns de leurs rivaux moins aériens (Kristoff, Bouhanni, qui tend à être de plus en plus polyvalent, Démare, Bennett... quid de Cavendish et Greipel ?) et que tous lorgneront sur leur dernière opportunité de victoire d’ici à la visite de la Ville Lumière. Les résultats alors obtenus (qui déçoit, qui brille ? qui a rempli son contrat, qui se doit encore de le faire ?) à l’orée de cette troisième semaine montagneuse joueront un rôle majeur dans le dessin du scénario de ce périple à travers les champs de lavande.

16e étape (lundi 20 juillet): nouvelle chance pour les attaquants précoces ?

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : de 30 à 2 aux 15 premiers à l’arrivée et de 20 à 1 aux 15 premiers du sprint intermédiaire. Classement de la montagne : 5-3-2-1 à chacun des deux cols. .

Entre fugitifs et peloton en ordre de marche, le rapport de force devrait à nouveau s’inverser. Dans le même style que la 13e, la 16e étape ouvre en effet grand ses bras aux baroudeurs de la première heure. En 2011, la fin de la... 16e étape du Tour était identique, et les deux sprinteurs-tout-terrain norvégiens, Boasson Hagen et Hushovd, s’étaient livré bataille. L’aîné, aujourd’hui retraité, avait remporté une 2e étape sur ce TDF (voir vidéo) bien aidé par son coéquipier Hesjedal (aujourd’hui chez Cannondale-Garmin, et peut-être encore dans le coup gagnant cette année, selon son classement général)... avant que son jeune compatriote n’égalise à 2-2 le lendemain, après un nouveau numéro.

Mais, derrière ce duel fratricide... le peloton ne musardait pas et le Col de Manse ainsi que, surtout, la plongée sur Gap, avaient donné des idées aux leaders du CG, attisant leur envie d’attaquer le maillot jaune, Thomas Voeckler. Evans, Samuel Sanchez et Contador (résolument offensif, car en difficulté dans sa quête de doublé, après un Giro alors vainqueur) reprennent du temps à ce dernier, pendant qu’Andy Schleck perd une précieuse minute.

https://youtu.be/EKgkjN-dwoo

A l’occasion du Mûr de Bretagne, le Tour parcourt donc à nouveau cette année, un terrain que Cadel Evans avait su exploiter il y a quatre ans... les clins d’œil au sacre du coureur australien s’avèrent décidément nombreux. Sera-ce dans les mêmes lieux que les protagonistes de cette 102e édition tenteront d’assoir leur domination ?

2e jour de repos (mardi 21 juillet)

17e étape (mercredi 22 juillet) : sur les traces de la déroute du Cannibale



Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : de 20 à 1 aux 15 premiers à l’arrivée et de 20 à 1 aux 15 premiers du sprint intermédiaire. Classement de la montagne : 1 et 2 pts pour les deux cols de 3e catégorie, 5-3-2-1 pour celui de 2e en cours d’étape, 10-8-6-4-2-1 pour le Col d’Allos (1ère catégorie) et 10-6-4-2 pour l’arrivée à Pra Loup.

Le Col d’Allos, toit de cette édition, succédé de Pra Loup, c’est tout sauf le simple couplage de deux difficultés de première et deuxième catégorie... c’est une page de la Légende du Tour.

En 1975, Merckx reste sur une incroyable série de onze Grands Tours remportés sur onze qu’il a achevés, dont cinq TDF (ce qui fait de lui l’égal de Jacques Anquetil). Moins hégémonique, il est frappé au foie par le coup de poing d’un spectateur, lors de l’étape du Puy de Dôme. Deux jours après, l’orgueil du Champion va parler. Pourtant toujours maillot jaune, il attaque Thévenet, Gimondi, Zoetemelk, Van Impe et consorts à quelques encablures du sommet du col d’Allos, augmente son avance au prix d’une énorme descente et va alors, plus personne n’ose en douter, écraser l’épreuve. S’ensuit un retournement de situation incroyable. Thévenet, déchaîné, lâche ses compagnons de poursuite, rattrape et dépose Merckx dans cette ultime pente pourtant loin d’être insurmontable pour le Cannibale. Le Français s’impose (profitant d’une crevaison de Gimondi) remporte l’étape (voir vidéo, et l’incompréhension générale face à ce scénario hitchcockien http://www.ina.fr/video/I00009443), puis le TDF (performance qu’il réitérera en 1977) et sonne le glas de la domination de Merckx, qui ne gagnera plus le moindre GT.

Sur le dernier Critérium du Dauphiné Libéré 2015, Romain Bardet a glané à Pra Loup, une victoire prestigieuse grâce à une  plongée vertigineuse en direction du pied de cette ultime difficulté. Dans le contexte-TDF parfois moins approprié pour cela, quelqu’un aura-t-il l’audace de se lancer dans la même entreprise, car au-delà du Mythe et de l’évocation du passé c’est bien au présent que cette étape peut être envisagée comme un tournant.

 

18e étape (jeudi 23 juillet) : Montvernier, la nouveauté

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : de 20 à 1 aux 15 premiers à l’arrivée et de 20 à 1 aux 15 premiers du sprint ipour les « 2e catégorie » et de 25 à 2 pts pour les plus vaillants grimpeurs du Col du Glandon (HC)  

Un Géant de près de 2000 mètres d’altitude, stoïque, et une multitude d’acolytes plus petit et nerveux (six difficultés de 2e ou 3e catégorie, dont cinq dans les 85 premiers kilomètres) sont au menu des coureurs, pour ce copieux 18e repas du mois.

Cette étape confirme donc la tendance de cette année, avec une petite rampe, les (inédits) Lacets de Montvernier, dans le final visant à l’animer (à l’image de ce que propose souvent la Vuelta) et pourrait être décisive dans l’attribution des différents maillots. Ainsi, le jaune, bien sûr, pourrait être sur le devant de la scène (notamment si un grand descendeur – Nibali ? Si besoin est –  tente de mettre à profit les 20 km suivant le sommet du Glandon) ... mais pas seulement, car les points à prendre pour le vert, au pied de ce même HC, seront peut-être un des enjeux du jour, tandis que les coureurs qui espèreront être sacrés « Roi de la montagne » auront une paradoxale opportunité.

En effet, avec tout au plus 46 pts à distribuer à un seul coursier, cette étape est moins prolifique que les deux suivantes (60 et 75) mais plus abordable. Ainsi, des baroudeurs (Voeckler ? Teklehaimanot ? une des cartouches de la Lotto-Soudal) ne présentant pas le niveau en très haute altitude de l’un des quatre potentiels leaders de Lotto NL-Jumbo qui se sera sans doute rabattu sur les pois (Kruijswijk a le profil pour se focaliser sur cet objectif) ou de biens d’autres grimpeurs (Arredondo ? Barguil si report d’ambition, comme tout « grand leader » largué au CG etc.), pourraient voir en ce parcours un bel appel du pied.

19e étape (vendredi 24 juillet) : escalade dans la difficulté

 

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : de 20 à 1 aux 15 premiers à l’arrivée et de 20 à 1 aux 15 premiers du sprint intermédiaire. Classement de la montagne : de 25 à 2 pts pour les dix premiers du HC, de 10 à 1 pour les six meilleurs du première catégorie initial, de 5 à 1 pour les quatre leaders au passage du 2e catégorie et de 20 à 2 pour le "Top 10" de l'étape. 

Prenons-nous à rêver. Eh si tout explosait dans la Croix de Fer ? Le soleil brille, les oiseaux chantent et... 60 km à parcourir, le peloton se scinde en 63 groupes de 2,5 coureurs. Défaillances à la pelle, attaques en pagaille, égosillement permanent du côté directeurs sportifs, pire encore chez les commentateurs : les superlatifs remplacent les « on vous promet la grande bagarre sous la flamme rouge » et les écarts GPS ne servent plus à rien.

Candide ? Oui, mais... les « seconds couteaux » sont souvent ceux qui montre le bout de leur lame les premiers, lors de ces étapes qui se transforment souvent en course d’usure. Or, les « seconds couteaux » de ce Tour, sur la ligne de départ, n’ont rien de manches.

En sanctuarisant le quatuor de favoris, face au reste du monde, on compte tout de même parmi celui-ci : Valverde (neuf « top 5 » en GT... dont seulement un sur le TDF, l’an passé), Purito (3e en 2013, et comptant un podium au moins sur Giro, Tour et Vuelta) mais également Péraud, qui, lui aussi (tout comme « Froomey »), a terminé 2e du dernier GT qu’il a disputé, Hesjedal, qui compte un Giro à son palmarès (2012), ni plus ni moins que Quintana (dont il n’a, certes, plus l’âge),  Pinot, qui a terminé plus de fois sur la boite du TDF depuis 5 (ou 6) ans que Contador (eh oui, 1-0) ou encore Van Garderen qui compte deux « top 5 » sur le Tour, à 26 ans, contrairement à Nibali qui n’en présentait alors ... aucun.

Ainsi, à l’heure de prendre le départ de cette 18e étape, le carré d’as ne sera peut-être plus ce qu’il est et, surtout, les hommes amenés à jeter leur dernier force dans la bataille via un raid « suicidaire » ne seront peut-être pas du calibre de ceux à qui l’on peut laisser un bon de sortie avant de les avaler, comme du petit-lait.

D’autant plus que cette saison, aucune équipe n’a réussi à cadenasser la course comme le faisait celle de Lance Armstrong durant son règne (1999-2005), ou la formation SKY plus récemment. Cette dernière n’a pas écrasé de course Wolrd Tour comme elle pouvait y parvenir il y a quelques mois/années (bien que le duo Thomas-Porte ait été un dernier étage de fusée impressionnant, à plusieurs reprises, en début de saison), tandis que la surreprésentation des membres d’Astana sur les étapes phares du Giro s’est plus traduite par des choix tactiques douteux que par un asservissement du reste du peloton, alors que la régularité de la Movistar, notamment, se conjugue plutôt avec « offensive » qu’avec paramétrage minutieux visant à inhiber l’adversaire.

Pour résumer, personne n’écrase la concurrence. Si ce constat se confirme, il sera un argument de poids pour éviter aux téléspectateurs toute sieste digestive. Cependant, le contexte reste à prendre en compte. L’ombre de l’Alpe d’Huez, érigée en juge de paix, annihilera-t-elle les velléités espérées ? Possible. Mais les répercussions que cette situation peut avoir (un monolithique col placé la veille de l’arrivée) sont difficiles à estimer... tant ce dispositif visant à favoriser la dramaturgie du dénouement présente encore une faible base de donnée. 

20e étape (samedi 25 juillet) : pénultième round en altitude, 3e essai

Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : de 20 à 1 aux 15 premiers à l’arrivée et de 20 à 1 aux 15 premiers du sprint intermédiaire. Classement de la montagne : de 25 à 2 pour les dix premiers au sommet du Col de la Croix de Fer et de 50 à 4 pour le "Top 10" de l'étape. 

Une avant-dernière étape qui s’achève en de hautes cimes, cela reste un fait récent (et discuté/discutable par certains puristes... car l’Île-de-France n’ayant rien d’un massif montagneux, ce choix symbolise le sacrifice de l’essence du « Tour de France »).

En 2009, c’était une grande première : le Géant de Provence devait décider du sort de ce 96e opus du Tour. Malheureusement, la montagne accoucha d’une souris, Contador ayant un matelas suffisant pour suivre Andy Schleck, sans la crainte de tout perdre, tandis que Garate crucifiait Tony Martin dans le dernier virage pour inscrire son nom, virtuellement, au sommet du Mont Ventoux, Armstrong sauvait (alors) sa place sur le podium, en devançant Fränk Schleck et la dizaine de meilleurs grimpeurs de l’épreuve terminaient groupés, réunis en moins de 30 secondes.

En 2013, rebelote, avec le Mont Semnoz cette fois-ci. Le final ressemble déjà plus à une apothéose mettant aux prises les trois hommes forts de la dernière ligne droite de cette Grande Boucle – Quintana, Rodriguez et Froome, arrivés dans cet ordre au sommet – le prodigieux grimpeur colombien fait main-basse sur l’étape, sur la place de dauphin, sur le maillot à pois et sur le maillot blanc pendant que Contador se délite définitivement (en lutte pour le « top 3 », il concède plus de 2 minutes) et Purito grimpe sur la boite.

Cependant, le suspense ne s’est jamais étendu à l’attribution du maillot jaune, l’avance du « Kenyan Blanc » étant telle (plus de 5 minutes) que sa légère baisse de régime n’eut aucun impact sur le classement général.

Un vrai thriller... est-ce pour cette année ? Sur le 20e parcours, récemment modifié (2), imposé aux coureurs, seront-ce ceux qui se disputent la place de numéro 1 qui se mettront en évidence ? Si l’interrogation quant au nom de l’heureux élu est préservée, et si plusieurs candidats restent en lice (évitant ainsi un stérile marquage entre deux hommes), les historiques lacets de l’Alpe d’Huez seraient un cadre rêvé pour en découdre.

Pourvu qu’ils ne paralysent pas pour autant cette 3e semaine aux moult opportunités.

21e étape (dimanche 26 juillet) : une affaire de spécialistes... vraiment ?


Bonifications : 10, 6 et 4 secondes aux trois premiers de l’étape. Points : de 50 à 2 aux 15 premiers à l’arrivée et de 20 à 1 aux 15 premiers du sprint intermédiaire. 1pt au classement de la montagne en haut de la côte de l’Observatoire

Depuis 1975, le Tour s’achève sur les Champs Elysées par une étape en ligne (à l’exception, notable, de l’édition-1989 qui avait vu Greg LeMond renverser Laurent Fignon pour 8 secondes à l’occasion d’un inoubliable CLM). Au menu, deux premières heures de « course » où les coupes de champagnes sont plus nombreuses que les coups d’accélérateur, puis vient l’heure de l’explication finale pour les sprinteurs, parfois contrariés dans cette optique par des finisseurs capables d’anticiper (Alexander Vinokourov, dernier exemple en date, en 2005, gagnant au passage un rang au classement [de 6e à 5e)].

En l’absence de Marcel Kittel (vainqueur sur la « plus belle avenue du monde » en 2013 et 2014), Mark Cavendish, s’il est encore présent, sera le favori (y étant resté invaincu entre 2009 et 2012). D’une part parce que ses qualités intrinsèques justifient ce statut, d’une autre parce qu’il maîtrise à merveille l’épilogue de la Grande Boucle, dont le final est dur à appréhender. Le revêtement pavé, le dernier virage qui crée souvent une petite cassure [en 2009 Cavendish s’était ainsi imposé devant son poisson-pilote, Mark Renshaw (voir vidéo)] et l’ultime ligne droite en léger faux-plat montant, sont autant de spécificités qu’il est précieux de connaître par cœur.

https://www.youtube.com/watch?v=iCUD0CPKJSM

Sur cette arrivée particulière, Sagan, 2e en 2012, peut-être emmené par Bennati (qui y compte un succès, en 2007), Greipel et Kristoff (dauphins de Kittel ces deux dernières années, respectivement en 2013 et 2014), ou encore le duo Farrar-EBH (tous deux ayant déjà goûté au podium) voire Degenkolb, Bennett et Bouhanni qui n’y ont jamais présenté d’ambition personnelle ou Démare (décevant 12e à son premier essai) représenteront autant d’outsiders... sous réserve de leur participation perpétuée. En effet, divers abandons, ainsi que l’usure de trois semaines de courses, pourraient accoucher de quelques surprises et pousser des sprinteurs « non-spécialistes » à se mêler à la lutte (Navardauskas, 3e l’an dernier, Cancellara, 5e en 2011 ou encore Engoulvent, 10e en 2011 et 2012 pouvant en attester).

Enfin, un éventuel mano-a-mano pour la victoire finale n’est pas à exclure... en 1979, Hinault et Zoetemelk (le leader du CG et son dauphin) étaient bien arrivés ensemble sur les Champs (le Blaireau avait cependant une marge suffisante, 13min07, pour contrôler la situation sans mal. Perfectionniste, il remportera ce duel, au sprint). Mais nous n’en sommes point là.

Un parcours (quasi-absence de CLM) et un règlement (retour des bonifications) controversés, en guise de terrain de jeu offert à des cadors dont le pedigree fait rêver. Pour un Tour mémorable, tous les ingrédients sont réunis... mais s’ils présagent de bien des péripéties, ils n’offrent aucune garantie.

Alors, feu d’artifice ou pétard mouillé ? Premier élément de réponse samedi, lorsque la mèche de ce 102e Tour de France va s’allumer. 

Simon Farvacque

 

* http://yourzone.beinsports.fr/tour-de-france-parcours-contre-la-montre-rouleurs-grimpeurs-montagne-8341/

(1)  Les points attribués étant doublés pour l’arrivée des 10e, 12e, 17e, 19e et 20e étapes.

(2) http://www.cyclismactu.net/news-tour-de-france-changement-de-parcours-puur-l-etape-20-50538.html

Règlement : http://www.letour.fr/le-tour/2015/docs/TDF15_Reglement-BD.pdf

Autres sources :

Site officiel du Tour de France, d’où ont été tirés les différents profils utilisés dans l’article : http://www.letour.fr/le-tour/

http://www.procyclingstats.com/

https://fr.wikipedia.org/wiki/4e_%C3%A9tape_du_Tour_de_France_2011

http://www.velo101.com/pros/article/tour-de-france-2015-le-102eme-tour-en-chiffres--11219

http://pronos.cyclismactu.net/

Mes pronostics :


Publié le 02.07.2015