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Federer: 2014, l'année du declin ou de la résurrection

   
                  Demain, Mardi 14 Janvier 2014, Roger Federer effectuera son entrée en lice à l’Open d’Australie, en affrontant le jeune James Duckworth. Il s’apprête par la même occasion à devenir seul recordman du nombre de participations consécutives en Grand Chelem (57),  restant ainsi l’unique homme à n’en avoir raté aucun depuis le 1er Janvier… de l’an 2000.
Pour celui qui détient la plus longue série de demi-finales consécutives en GC (23), un tel record doit avoir un goût amer, car il traduit certes une remarquable longévité mais surtout un douloureux retour parmi le commun des mortels pour qui « l’important c’est de participer »  (N’est-ce pas Monsieur le Baron ?).
Malgré la baisse de résultats qu'il a subi l’an dernier, Federer reste aujourd’hui numéro 6 au classement ATP. Une performance qui serait un accomplissement pour bon nombre de joueurs quand on connait le faible taux de rotation parmi les ténors du tennis.
En effet, seulement 9 joueurs ont réussi à finir une saison dans les 6 premiers du classement ATP depuis 5 ans, ainsi des tennismen comme Gaël Monfils, Richard Gasquet, Fernando Verdaso ou encore Thomas Johanson (moins récemment), demi-finalistes en GC et même vainqueur en ce qui concerne le dernier, n’ont jamais eu l’honneur de figurer durant la moindre semaine au sein  du Top6 ATP.  
Roger Federer a donc accompli l’an dernier ce qu’une immense majorité des joueurs professionnels n’accompliront jamais. Mais pour quelqu'un qui a exercé une domination quasiment hégémonique sur son sport durant 4 saisons (numéro 1 à l’ATP de 2004 à 2007) cela n’a évidemment pas la même saveur que pour un joueur lambda.
La saison dernière fut donc décevante pour Federer. Cependant, bien qu’infiniment plus irrégulier que par le passé, son niveau de jeu reste aujourd’hui très bon.  
Mais après avoir un été un joueur d’exception, après avoir parfois même tutoyé la perfection, voire son jeu qualifié de « très bon » n’apporte certainement qu’une infime satisfaction voir un certain sentiment d’humiliation.
Si Federer en est arrivé là - à ce classement, si gratifiant pour certains et si humiliant pour lui -, c’est en raison de nombreux facteurs : tactiques, techniques, physiques mais aussi psychologiques.

La saison 2013 de Federer (et notamment sa défaite au second tour à Wimbledon face au modeste Stakhovsky) a marqué chez une grande partie de ses adversaires la fin du complexe d’infériorité qui les tétanisait parfois face à lui. Face à ce constat, Federer n’avait jusqu’ici jamais laissé transparaître la moindre perte de confiance en lui, répétant avant chaque tournoi qu’il en restait un des favoris légitimes (comme pour s’en persuader).
Or, pour la première fois depuis sans doute une décennie, Federer a récemment admis à demi-mots lors d’une interview accordée à L’équipe, ne pas attaquer un GC dans le costume de favori : « J’ai moins de pression, moins à perdre qu’avant » (au sujet de son statut de tête de série numéro 6 à l’Open d’Australie).

Comment traduire cette évolution notable dans sa communication ?
 Est-ce un aveu de faiblesse ? Celui que l’on appelle parfois « le plus grand joueur de tous les temps »
serait-il capable de se contenter du statut d’outsider ? La perte de confiance (et le renforcement de celle de ses adversaires) que cela induit pourrait dans ce cas accélérer sa chute dans les profondeurs du classement.

Ou alors, au contraire, est-ce là la traduction d’une prise de conscience nécessaire de l’évolution de son statut au sein de la hiérarchie mondiale ? Prise de conscience qui lui permettrait d’à nouveau donner le meilleur de lui-même. Dans ce cas, et à condition que son physique suive, de nombreux grands tournois restent à la portée de son immense talent.  

Pour moi une chose est sûre, l’année 2014 de Roger Federer sera celle de son irrémédiable déclin ou de sa fantastique résurrection. Elle sera nécessairement l’une des deux car se fondre dans la masse en devenant un bon joueur parmi tant d’autres est encore plus blessant pour l’orgueil d’un champion, que de sombrer dans la médiocrité.

Au-delà des interrogations que suscite sa saison à venir, il me semble bon de rappeler que celle-ci ne changera en rien la place qu’il occupe au sein de l’histoire de son sport.
En effet, quoi qu’il advienne Roger Federer était, est et restera un Grand joueur de tennis à mes yeux, car si l’excellence s’érode au fil du temps, la Grandeur, elle, est intemporelle.

Postface (2017) : Désolé, Roger. Je me suis trompé.

Farvacque Simon

Sources :
http://www.lequipe.fr/Tennis/Actualites/Federer-moins-a-perdre/431005
http://fr.wikipedia.org/wiki/Records et statistiques_sur_le_top_10_de_l'ATP
Le journal L’EQUIPE du 13/01/14

Publié le 13/01/14