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PSG : trois cordes à l'arc du triomphe


PSG : trois cordes à l'arc du triomphe




Aucune de ses flèches n’a encore atteint la cible du suprême sacre continental, ni même, cette année, celle du couronnement national. Mais c’est bien armé de trois cordes à son arc que le club omnisport du Paris Saint-Germain attaque la dernière ligne droite de la saison, avec le triomphe pour ambition.

Toutes comptent parmi les deux meilleures cylindrées de leurs championnats respectifs et chacune d’elles reste en course dans la fameuse Ligue des Champions : les sections de football (masculin et féminin) et de handball (masculin)  du Paris Saint-Germain offrent à leur actionnaire qatarien plusieurs perspectives de succès et une visibilité (différente, certes) multi-terrain. Au premier rang d’entre elles, l’équipe dirigée par Laurent Blanc suscite beaucoup d’espoirs et attire bien des regards.

Football masculin : Démons exorcisés

Enfin ! Après 30 journées, ils goûtent au leadership. Ibra, Motta, Silva, Luiz et consorts  sont restés dans la peau du chasseur pendant de longs mois, aujourd’hui ils endossent le costume du chassé dont la place est tant convoitée (Lyon et Marseille suivent à un et deux points).

Les deux Olympiques (le PSG – OM du 5 avril vaudra son pesant d’or), un temps en pôle, sauront-ils déloger les grands favoris franciliens en profitant, entre autre, de la contrepartie de leurs nombreux succès ?

En effet, sur la scène européenne, les résultats parisiens sont également satisfaisants et, par rebond, complexifient leurs multiples tâches. Seules huit équipes sont encore en lice en C1 et celle du PSG en fait partie ce qui lui vaut d’affronter le FC Barcelone et de se soumettre à un calendrier démentiel*. Pour en arriver là, le onze de la capitale a dû écarter le Chelsea FC, qui fut son bourreau l’an dernier.

Cette revanche est savoureuse pour les Parisiens, par bien des aspects. Ainsi, en termes de coaching, un clin d’œil de l’Histoire symbolise le succès de Laurent Blanc. Retour en arrière. C’était il y a douze mois : Chelsea et le PSG s’affrontent (déjà) en quart de finale de la C1... et la France a pris de l’avance. Moins de dix minutes à jouer, Paris tient sa qualification en terres d’Albion. Un but encaissé inverserait les rôles et « le Président » choisit alors de bétonner. 84e minute : Marquinhos rentre à la place de Lucas… et Demba Ba marque (87e), quasiment dans la foulée, le but qui condamne le PSG. A défaut d’être interprété comme un aveu de faiblesse, le choix de Blanc a pu être traduit en confession de crainte. Sa responsabilité dans l’échec semble engagée.

Cette saison, replay, en « 8» cette fois, et c’est au tour du « Special One » d’être dans la position du vainqueur potentiel, à quelques encablures de la ligne d’arrivée. Lorsqu’il appelle Kurt Zouma en renfort à la ... 84e minute du match retour, sa décision de renforcer son secteur défensif est moins marquée (c’est Matic qui laisse sa place à l’ancien Stéphanois) que celle de son vis-à-vis l’année passée, mais reste un fidèle indicateur de la pression que lui infligent les dix Parisiens (Zlatan ayant été expulsé) encore sur le terrain. Presque immédiatement (86e) David Luiz place un coup de tête surpuissant. Prolongation. A l’issue des trente minutes supplémentaires, grâce à un but de Thiago Silva, Paris se qualifie.

Parfois le « destin » est taquin... et ce même (surtout ?) envers les plus confiants, parfois trahis par leur ego surdimensionné.

Le dernier obstacle franchi par les joueurs franciliens, sur la route des sommets européens, en quête du Graal continental, le fut donc non sans mal. Du côté de leurs homologues qui conjuguent le football au féminin _ et disputaient déjà leur quart de finale retour ce week-end _ la qualification au tour suivant fut autrement plus aisée.

Football féminin : Démonstration effectuée

En effet, pour « Ces Dames de Paris », après deux duels très serrés [face à Twente (2-1, 1-0) et Lyon (1-1, 1-0)], l’accession au « Top 4 » ne fut qu’une formalité.

Au sein d’un Parc des Princes clairsemé (11 000 personnes) mais satisfaisamment fréquenté au vu de la moindre (mais croissante) notoriété du football féminin _ et au-delà du tumulte provoqué par l’expulsion de certains supporters (1) _ les joueuses du PSG n’ont fait qu’une bouchée de celles du Glasgow  City FC (5-0, après le 2-0 de l’aller). 

Bon nombre d’entre elles commencent à s’imposer dans le paysage médiatique du sport tricolore, alors que l’Hexagone s’apprête à accueillir la Coupe du Monde 2019, et prennent une part de plus en plus importante dans la réussite de l’équipe nationale [sept Parisiennes (les neuf Lyonnaises restant majoritaires) font partie du groupe France pour le match amical face au Canada (9 avril)].

Ainsi, Laure Boulleau se distingue, positivement, sur et en-dehors du terrain (elle a été élue meilleure « sportive numérique » par les internautes de « L’équipe », en 2013), tandis que Marie-laure Délie reste une redoutable « finisseuse » et Laura Georges un roc en défense. 

Cette dernière, transfuge de l’OL en 2013 (après avoir atteint, plus jeune, le haut niveau avec le PSG) est, comme la Costaricienne Shirley Cruz (passée de Lyon à Paris un an plus tôt, pour une somme record), le symbole de forces en présence qui s’équilibrent entre la capitale des Gaules et la Ville Lumière.

Cependant, à l’échelle nationale, les Lyonnaises poursuivent leur règne, s'envolant vers un neuvième sacre consécutif [6 points d'avance assortis d'un goal-average très favorable à deux journées de la fin (+124 contre +71)] et les Parisiennes restent dans l’ombre rhodanienne, bien qu’elles consolident leur statut de premières dauphines (terminant au 2e rang du classement pour la quatrième saison consécutive).

La poursuite de leur épopée en Ligue des Champions (C’est maintenant Wolsfburg, double-tenant du titre, qui se présente face à elles), pourrait être un signe fort de leur capacité à bousculer cet ordre établi _ l’OL a pour l’instant le monopole de la grandeur internationale, avec quatre finales, dont deux titres, en C1, entre 2010 et 2013 _ et prendre des allures historique (cette présence dans le dernier carré l’est déjà) ... surtout si, chez les Messieurs, le PSG connait la même réussite.

En effet, l’exploit de la « double-demie » (hommes et femmes réunis) a déjà été réalisé _ par l’OL en 2009/2010, Arsenal présentant également une belle régularité en phase finale avec ses deux équipes fanions _ mais il resterait une rareté à souligner. De plus, un sacre conjoint (qui paraît, certes, bien lointain) serait quant à lui une grande première, tous clubs et pays confondus.

Par contre, entre deux sports et non deux genres, la performance s'avèrerait exceptionnelle... mais n'aurait rien d'une pionnière.

Handball masculin : Domination à réaffirmer

Le Barça, en 2011, s’est ainsi assis sur plusieurs trônes, sur le toit de l’Europe , excellant ballon rond au pied et en main : vainqueur de la C1 en football et handball masculins (également tenant du titre déchu de l’Euroligue en basket). Dans les années à venir _ voire même dès à présent _ Paris peut rêver d’imiter le géant espagnol.

Cependant, dans la hiérarchie handballistique du Vieux Continent, le club parisien n’est encore qu’un outsider... lors de la saison dernière, en quart de finale, il fut ramené à la raison par les Hongrois de Veszprém, plus habitués à atteindre ce stade de la compétition.

Cette année, décidément abonnés aux remakes, les joueurs du PSG [QSI a racheté, et renommé, le « Paris Handball » en 2012 (2)]  retrouvent les mêmes adversaires aux portes du Final Four (match aller le 12/04 en France ; retour le 18/04, en Hongrie). Les hommes de Philippe Gardent, qui ont éliminé Dunkerque en « 8e », ont-il franchi un cap ? Si oui, il est temps de le matérialiser.

La triple puissance naissante qui caractérise le PSG, à une si grande échelle (dans les trois dimensions dont traite cet article) est inédite… mais attention, l’ogre catalan _ autrement plus polyvalent (rugby, hockey, cyclisme, athlétisme etc.) lorgne aussi sur cette part de marché, estampillée « diversité », pointant le bout de son nez côté « foot féminin » (section officiellement reconnue en 2001, triple champion d’Espagne depuis 2012 et huitième de finaliste en C1 cette saison).

Le duel multisport entre Paris et Barcelone se noue actuellement autant sur le pré, avec une demie en jeu dans le domaine du football, que dans les coulisses, sur le volet handball : Nikola Karabatic (actuellement « Blaugrana ») va-t-il traverser les Pyrénées cet été ?

Ce potentiel renfort ne serait pas de trop... car en marge des joutes continentales, la D1 ne cède pas aux charmes d’un PSG qui ne manque pourtant pas d’atouts : Hansen, Narcisse, Omeyer, Abalo _ longtemps blessé _ et bien d’autres font état d’un fabuleux potentiel, pour l’instant insuffisamment exploité. 

Ainsi le Championnat de France pourrait bien échapper une deuxième année de suite à la pléiade de stars de la capitale (2e à 3 pts de Montpellier). En effet, le rival héraultais est sur la voie royale : pour les Parisiens, s’imposer dans la salle montpelliéraine (22e journée, le 7 mai prochain) semble être, non pas une garantie, mais bien une condition sine qua non à l’obtention du titre. La tâche s’annonce compliquée et elle symbolise la situation d’un club entre deux eaux, qui, sur son sol, est fortement bousculé… mais reste l’unique institution encore représentée dans les trois compétitions européennes ici évoquées.

Cette saison, le succès du PSG ne présente donc aucun gage d’absoluité et pourrait même en échec se muer, car les promesses ne se convertissent pas toujours en trophées, mais force est de constater qu’il se caractérise par une remarquable pluralité.

Simon Farvacque

*Copieux mois d'avril pour un PSG encore engagé dans quatre compétitions : 

(1) http://www.lagrinta.fr/incidents-psg-glasgow-les-supporters-parisiens-en-font-appel-a-luefa&7245/

(2) La section féminine a conservé l’appellation Paris Handball et évolue en National 2

http://www.psg.fr/fr/Saison/204002/Match/1500/Chelsea-PSG

http://www.lequipe.fr/Football/match/315664

http://www.lequipe.fr/Football/FootballResultatPhase6271.html

http://www.eurosport.fr/handball/champions-league/calendar-result.shtml

Publié le 01.04.15